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Moisson d'épouvante 3 (Dreampress)

Troisième opus de cette anthologie paraissant aux Editions Dreampress. Je me suis laissée tenter par celui-ci lors de mon déplacement fin novembre à Sèvres. A la base, j'étais dubitative, faute à l'énoncé de l'appel à textes qui parle d'humour. Et moi l'humour, c'est bof, j'accroche pas, je ne me marre pas (je parle niveau littérature). Mais ayant été rassurée sur la dose d'humour pas si conséquente que ça dans l'anthologie, pourquoi pas. Je jugerais sur lecture. Et je ne le regrette pas, j'ai passé un très bon moment. Avec même un coup de coeur (et mes véritables coups de coeur sont rares).

- Nidouyé (Eric Vial-Bonacci) : Paul et Mizuko sont jumeaux, ils ont onze ans, ils sont élevés par leur père veuf. Mais leur père, traumatisé par la mort de sa femme, ne peut supporter l'idée d'être une nouvelle fois abandonné, alors il a aménagé la maison en Nidouyé (et je viens seulement à l'instant de percuter le titre). Une jolie histoire, assez touchante, mais aussi dérangeante.

- Hypnophobie (Franck Stevens) : M. Varlet est suivi par un psychiatre pour des troubles du sommeil. Il dort mal, et depuis la mort de sa femme ça empire. Le psychiatre le met sous surveillance pour découvrir que l'homme fait toujours le même genre de songes qui se terminent immanquablement en cauchemar. Quelque chose effraie et fait souffir M. Varlet dans son sommeil. Est-ce une bonne idée de s'entêter à découvrir ce qui se passe dans la tête du patient ? Récit bien sympa, entraînant, même si le sujet a déjà été vu, cela reste une bonne proposition.

- Derrière les yeux, le père (Phil Becker) : Séverin n'a pas la vie facile avec son père, Erik, qui le mène à la baguette, entre autres sport à hautes doses et interdiction de se blesser. Sans parler de sa mère au grenier, sa mère, sa punition lorsqu'il ne se conduit pas bien. Et si ce n'était que cela. Intéressante et plaisante histoire d'horreur, parfois dure (miam, même si ça reste léger).

- La cuvée du condamné (Guillaume Suzanne) : le héros de l'histoire s'est barricadé dans un bâtiment. A l'extérieur, des ennemis le cernent. Il a un tonneau plein pour s'abreuver, quelques provisions, mais jusqu'à quand ? Une histoire où l'on n'a pas trop de contexte et où certaines clés ne se dévoilent qu'à la fin, j'ai bien aimé la solitude du personnage, bien restranscrite.

- Norvège (Olivier Caruso) : le protagoniste s'est exilé en Norvège après un traumatisme. Mais le Grand Nord n'est peut-être pas fait pour quelqu'un comme lui, quelqu'un qui cherche à fuir ses souvenirs. Bien aimé, pas grand chose à dire, un peu classique mais bien écrit.

- Les Alyscamps (Didier Reboussin) : Henri-Honoré Tardieu est ingénieur aux chemins de fer. Sur le site où il travaille, il a découvert des cercueils dont l'un renferme un corps magnifique. Fasciné, il fait main basse sur le sarcophage et se laisse subjuguer par le mystère. Résolu à en apprendre plus, ll fait appel au père Matthieu. Apprécié sans être transportée.

- Stade terminal (Alexandre Ratel) : Philippe, le père, et Lucas, son fils, pris dans un monde de zombie, ont réussi à pénétrer dans un stade de football. Mais le fils a été mordu récemment, les deux savent que ce n'est qu'une question d'heures. Pas trop fan des zombies, j'ai néanmoins apprécié ce moment entre père et fils que j'ai trouvé touchant.

- La Caverne du Blaireau (Michel Lalet) : mon coup de coeur. Un vieil auteur populaire est interviewé, et il raconte une histoire, celle de Pierrot et Toine, deux enfants en bute à un père violent. Un jour, pour se protéger d'une crise paternelle, Pierrot entraîne son cadet dans une grotte, un lieu magnifique, même si y pénétrer n'est pas simple. Je n'en dis pas plus. C'est une très belle histoire qui m'a fait penser au Labyrinthe de Pan, le film de Guillermo Del Toro. Le même regard sur le merveilleux qui a aussi ses côtés sombres, le même rapport entre celui-ci et la réalité, et le même flou sur ce qui est vrai ou pas. Vraiment beaucoup aimé.

- IT : Les Iris de Titan (Yann Quero) : sur Titan, satellite de Saturne, des petits objets ovoïdes ont été découverts puis ramenés sur Terre. Mais peu après leur arrivée, une étrange épidémie s'est propagée, en cercles concentriques, plongeant les victimes dans un coma profond. Pourquoi ? Que sont ces Iris de Titan ? Comment inverser le processus ? Plutôt original, j'ai bien aimé cette histoire de science-fiction. et ce fléau ramené d'ailleurs.

- Helianthus annuus (I.C. Vita) : Paul, un vieil agriculteur à la veille de moissonner ses tournesols, se repose en vue du travail du lendemain. Il est dérangé par un invité surprise, un homme étrange qui semble fasciné par ses fleurs et qui voudrait qu'elles ne soient pas coupées. Une histoire avec une aura de mystère et une belle chute. Bien aimé.

- Sylvia (Daniel Morellon) : le protagoniste raconte son histoire avec Sylvia qu'il a follement aimé, qu'il a suivie dans ses dérives sexuelles, jusqu'au jour où il n'a plus pu et qu'il s'est jeté par la fenêtre. Mais Sylvia, elle, a continué. Un peu trop classique pour moi, je n'ai pas été surprise. Cependant elle offre un rythme intéressant.

- Perfection (Thomas Spok) : Paul est marié à Vanessa, à ses yeux, la femme parfaite. Tellement parfaite qu'il commence à se sentir mal à l'aise sans arriver à comprendre pourquoi. Sur le conseil d'un ami qui a connu ça, il va chercher à trouver un défaut, juste un, à sa femme, mais ce n'est pas facile. Beaucoup aimé cette histoire avec une fin à laquelle je ne m'attendais pas.

- De l'autre côté de la porte (Marlène Charine) : Clara est chez elle. Clara qui a échappé à son tortionnaire. Mais le voilà de retour, et pour Clara une seule solution, s'enfermer dans la salle de bain. Son agresseur va se poster derrière la porte, il n'est pas pressé, il finira par l'avoir, il n'arrête pas de le lui répéter. J'ai beaucoup aimé le rapport entre la victime et son tortionnaire. Un bémol, on découvre peut-être un peu trop vite le fin mot de l'histoire et la fin est un peu douce pour mes goûts tout à fait personnels.

- Démangez-moi (Annabelle Blangier) : Mona est internée et raconte au docteur Park comment a commencé sa psychose, l'apparition de cette croûte étrange sur son poignet. Bien rédigé mais l'histoire ne m'a pas transportée plus que ça. Pas assez surprenante sans doute et puis des questions en suspens.

- L'antre (Jeff Gauthier) : un récit qui prend place dans la préhistoire, c'est déjà intéressant parce que pas très courant, une bonne plongée dans l'angoisse, peut-être un peu longuet, mais en même temps, ça participe à l'atmosphère. Une tribu est décimée petit à petit par un animal féroce. Pour s'en débarasser, un groupe de cinq volontaires va le traquer au fin fond d'une grotte. Très bonne fin que je n'avais absolument pas vue venir.

- Conte d'été (Elodie Beaussart) : Marguerite est au jardin, elle entend une faible musique, en cherche l'origine et découvre un tout petit être soufflant dans une flûte. Joliment écrit, mais au cours attendu.

- Des plantes, des lèvres, de l'amour pour Oiseux (Raphaël Eymery) : Oiseux a été embauché pour surveiller 97 dépouilles de femmes datant de la seconde guerre mondiale. Des victimes d'une probable expérience nazie. Il doit juste rester là et prévenir si quelque chose se produit. Intéressant, et pourtant il ne se passe pas grand chose, cela vient de l'ambiance et des personnages improbables. Bien aimé.

Holocauste (Christophe Siébert)

De nos jours, sans qu'on en détermine la cause, la plupart des technologies modernes cessent de fonctionner. Plus de mobiles, plus d'internet, plus de radio, plus de télévision (seul la téléphonie fixe a résisté au désastre). Le monde plonge vite dans le chaos, couvre-feu, état d'urgence, heurts divers, pillages, affrontements entre bandes et forces de l'ordre. Bientôt, cette première catastrophe est aggravée par une épidémie qui frappe par vague et décime 98 % de la population mondiale. Olivia, une pute, survit à la maladie et prend la route. Où va-t-elle ? Que veut-elle ? Elle ne semble pas vraiment le savoir elle-même, mais il faut bien faire face, s'adapter. Et tandis qu'elle progresse, d'autres rescapés font comme elle, tout en tentant de se rassembler, pour peut-être réorganiser une société plus sécurisée, mais rien n'est moins difficile, à part la survie elle-même.

J'ai déjà lu Christophe Siébert dans ses deux romans parus aux Editions TRASH et j'avais aimé ses récits durs et violents, et j'apprécie peut-être encore plus ici. On retrouve ce même regard sans illusions sur le genre humain, lucide et froid. La base de l'histoire est classique, une catastrophe genre apocalyptique et les rares rescapés qui s'échinent à survivre. Mais le traitement, la façon de raconter rendent l'ensemble différent. La narration est directe, sans fioritures, même si elle propose des descriptions des morts, des décompositions, et des violences qui ne sont pas sans rappeler parfois ses romans TRASH. Ca donne un style vif et nerveux qui entraîne le lecteur (moi donc) et le pousse à tourner les pages. Au final, un vrai bon plaisir de lecture dans exactement ce que j'aime, un apo réaliste.

Cube² : hypercube

C'est par cet opus que j'avais découvert la trilogie Cube, il y a déjà moult années. J'ai pris le même plaisir à le revoir, même si je l'ai trouvé moins sanglant que dans mon souvenir. Autrement, ce concept de tesseract (ou hypercube donc) est génial, et l'utiliser pour construire une sorte de prison l'est tout autant. Les acteurs sans être extraordinaires font le job, et les effets spéciaux sont honorables. Mais c'est surtout l'idée qui m'avait séduit à l'époque et me séduit encore maintenant. Autrement, il est vrai que les possibilités de cette idée sont tellement énormes que le film aurait pu durer le double de temps, et pourquoi pas le triple, voire se décliner en une série.

Dans un hypercube, des personnes se réveillent sans se souvenir de comment ils sont arrivés là. Déroutés par la nature étrange et imprévisible de l'endroit, ils cherchent un moyen de s'en sortir, mais quelques soient leurs tentatives, ils ne font que tourner en rond, tandis que les pièces deviennent de plus en plus instables et que les continuum espace-temps se mélangent, se perturbent, et se rencontrent.

Predator

Film de 1987, mettant en vedette Arnold Schwarzenegger. Alan Schaefer et son équipe de mercenaires sont engagés pour récupérer un ministre. Accompagnés par Georges Dillon (Carl Weathers), ils sont largués d'un avion au coeur de la jungle du Guatémala. Bientôt, ils découvrent les corps dépecés d'une précédente équipe. Arrivés près d'un village rebelle, ils font un carton, mais ne récupèrent pas le prétendu ministre, il n'y a que des armes qu'ils détruisent. Bien qu'en colère de s'être fait manipulés, ils font néanmoins demi-tour pour rejoindre le point de récupération en hélicoptère avec une prisonnière. Mais le trajet de retour sera perturbé par une créature d'origine extra-terrestre qui se met à décimer le groupe.

De la bonne série B sans beaucoup de fond, mais pleine d'action. Personnellement, sans trouver le film inoubliable, j'y ai pris beaucoup de plaisir.

Malpertuis VII

Une gourmande anthologie de 293 pages (plus une partie bibliographie) composée de 23 nouvelles.

- Grand-père (Marie Latour) : jolie et émouvante nouvelle, proche du conte où Marie Latour nous narre l'étrange histoire d'une petite fille différente. Vraiment bien.

- Dette à rebours (Sylvie Dupin) : Charlène prise dans une tempête de neige trouve refuge dans un château où le maître de maison l'accueille avec beaucoup d'hospitalité. Quelques jours plus tard, voulant remercier son sauveur, la jeune médecin ne découvre qu'un bâtiment à l'abandon et inhabité depuis des années. Pourtant, elle n'a pas rêvé, elle en est sûre. Très belle histoire avec une chute que je n'ai devinée qu'en y arrivant. Vraiment bien écrit et bien construit.

- Le Chemin des épingles (P. Bragg) : Au début du siècle dernier, la protagoniste du récit vit dans un petit village. Elle aime à se réfugier près du lavoir où un jour elle fait la connaissance d'un chat étrange, un chat qui lui ramène les épingles offertes par Jules son premier prétendant. Une belle histoire étrange, un peu mélancolique, et originale.

- Une larme d’Athéna (Sandrine Scardigli) : Quand Athéna foule sa cité après des siècles, entre incompréhension et nostalgie. Assez étrange, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire.

- Sorcière (Élodie Serrano) : Adeline est une petite fille rejetée par ses condisciples. On la traite de sorcière, elle ne comprend pas pourquoi jusqu'au jour où elle tombe dans l'étang gelé. Une belle histoire avec une petite dose d'émotion, mais pas trop.

- La Ville aux sept portes (François Fierobe) : Le héros de l'histoire achète un œuf de dragon, sans y croire bien sûr, jusqu'au jour où l'oeuf éclot et le dragon naît. Gentillet mais bien écrit.

- Ligne de flottaison (Pascal Malosse) : Apprécié cette histoire sur un bateau, mais aussi sur les rêves, et sur les choses étranges qui peuvent arriver.

- Tu ne tueras point (NokomisM) : la violence des abattoirs revisitée. Pas nouveau, mais très plaisant à lire, angoisse très bien retranscrite.

- Une veine de cocu (Émilie Querbalec) : devenir l'amant de la femme d'un collègue n'est pas toujours une bonne idée, et celui de Lilian précisément, encore moins. Un chouette récit bien mené.

- Ceci n’est pas un paparazzi (Bruno Pochesci) : Gérard fréquente Zoé, une call-girl qui rêve d'un rôle. Enzo, lui, joue au paparazzi et les photographie. Gérard n’apprécie pas et lui rend visite, et la machine infernale est lancée. Très bon, beaucoup apprécié le déroulé de l'histoire.

- Les femelles porteuses d’idoles (Raphaël Boudin) : bizarre histoire avec comme pitch principal des prothèses mammaires. Je ne sais pas trop si j'ai aimé ou pas.

- Naucrates seductor (Jacques Fuentealba) : Victor, après une soirée arrosée, a ramené une jeune femme chez lui. Son but : la droguer et la violer. Mais tout  ne se passera pas comme prévu. Agréable à lire.

- Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! (Ghislain Morel) : les jouets, la nuit, sont-ils encore de simples jouets ? Que font-ils lorsque tout le monde dort ? Sympathique histoire, un peu enfantine (peut-être un peu trop pour moi qui penche plus vers le côté obscur de la force).

- Dorian et les pinpins (Sabine Sur) : Dorian est chargé de récupérer des perles à pinpins, nécessaires à sa tante pour la fabrication de ses sorts. Mais les perles à pinpins ne sont pas toujours évidentes à récolter, certains animaux  y tiennent à leurs perles. Amusant.

- Monsieur Pourpre (Olivier Caruso) : quand les mortes-vivantes servent de putes dans les bordels, et quand un petit flic se dit que lui aussi pourrait profiter de l'affaire du moment. Tout ce la peut-il finir autrement que mal ? Original, un peu glauque, bien écrite, beaucoup aimé.

- Le club des montagnards pâtissiers cynophiles (Marlène Charine) : une petite perle celle-ci. Beaucoup aimé cette histoire de quête et de résurrection.

- L’appel de Latombe (Guillaume Suzanne) : pile poil dans ce que j'aime, donc, pas photo, j'ai aimé. Quand un psychopathe débutant rencontre une victime immortelle. Original.

- Mortel graffiti (Eric Vial-Bonacci) : Mésidye, un réfugié sdf, vit dans une usine abandonnée et récupère des restants de bombes de peinture pour taguer. Belle histoire sur fond de magie ancestrale.

- À mourir de rire (Artikel Unbekannt) : quand un rire vous poursuit, devient une obsession, un cauchemar. Halluciné, de l'Artikel version Schweinhund.

- Danseur étincelle (Manon Bousquet) : Adrien est un petit garçon qui a perdu sa maman dans un incendie. Sa maman était danseuse, il aimerait l'être aussi, mais papa ne veut pas. Il ne veut pas non plus qu'Adrien joue avec le feu, mais Adrien aime les flammes qui dansent comme maman. Joli récit, touchant, et sombre.

- Le syndrome de Fukushima (Xavier Orti) : Léa a perdu son mari dans le drame de Fukushima, depuis, elle est revenue en Europe avec sa fille Oki obsédée par son père. Et Takashi, son amant de l'époque l'a suivie, veut la récupérer. Encore une histoire assez touchante qui explore en toile de fond les traumatismes d'une catastrophe marquante.

- Next stop : Paradise (Emmanuel Delporte) : un voyage dans le désert de la mort, une rencontre entre deux personnes paumées. Bien aimé, sans trop trouver quoi en dire de plus.

- Les mots qui traversent (Élisa M. Poggio) : Léa est une employée exploitée et quasiment maltraitée. Elle souffre d'une empathie trop grande et voudrait que sa boîte aide les malheureux, mais ce n'est pas le cas. Alors Léa s'échappe par les mots. Original et bien écrit, peut-être parfois un peu obscur.

Au final, une très bonne anthologie avec de bons récits (voire de très bons récits) variés. Je n'ai pas boudé mon plaisir de lecture.

Cinquante nuances de Grey (E. L. James) L'intégrale

J'avais lu il y a quelques temps, le hasard d'un lot, le premier tome. Nouvel hasard d'un lot, j'ai pu lire les tomes deux et trois.

On y retrouve les mêmes (mauvais) ingrédients que dans l'opus de départ. Des héros cliché à souhait, des situations et péripéties cliché à souhait, des scènes de fesses cliché à souhait, une fin cliché à souhait. C'est mièvre, fleur bleue, neuneu, gnangnan et tout ce qu'on peut trouver de qualificatifs dans le genre. Et pourtant, j'ai lu jusqu'au bout, en survolant quand même plusieurs passages, dont beaucoup des scènes de fesses. Alors pourquoi n'ai-je pu m'empêcher de lire jusqu'au bout ? Bonne question, mais question sans réponse. Réellement, c'est mauvais et peu crédible, caricatural à mort. En vrai, ça me sidère même un tel niveau d'invraisemblance. Alors peut-être est-ce là la réponse, lire pour toujours se confirmer qu'on ne se trompe pas.

Rappel du pitch de l'histoire : Anastasia, jeune fille pauvrette, n'ayant jamais connu l'amour bien sûr, tombe follement amoureuse de Christian, multimilliardaire aux mœurs dévoyées, mais juste ce qu'il faut pour ne pas l'être trop. S'ensuivent les diverses étapes de leur relation, agrémentées de moult galipettes (non mais sérieux pire que des lapins ces deux-là), vaguement sado-maso, pour terminer par un happy-end attendu, le malheureux milliardaire pratiquement guéri de ses pulsions par le miracle de l'amour.
Bref, un best-seller dont on se demande pourquoi il l'est. C'est plutôt du niveau d'un Harlequin érotique.

On a rempli les cercueils avec des abstractions (Kââ)

Geoffroy Rouvieux est un informaticien accro au poker. Une mauvaise main et le voilà avec une dette de 150 000 francs. Pour rembourser ce qu'il doit, on lui propose d'acheminer une voiture jusque Marseille. Acculé, il accepte. Mais que transporte cette voiture ? Et qui sont tous ces gens qui semblent le suivre, et le suivent d'ailleurs ? Dans quel merdier s'est-il fourré ? Tout en essayant de mener à bien sa mission et d'échapper à ses poursuivants, Geoffroy tente de comprendre et de se tirer de ce mauvais pas. A-t-il seulement la moindre chance d'y arriver ?

Sympathique roman. Kââ mène son intrigue de main de maître, distillant ses info petit à petit. On est tout aussi paumé que son héros. Comme souvent dans les romans de l'auteur, on sent une inéluctabilité imparable, une impossibilité de prendre la main, des intérêts trop grands, un personnage incapable de vraiment se débattre et résister, même quand il essaie. Tout cela est très bien fait, très logique de bout en bout. Un seul bémol, la fin que j'ai touvée peut-être un peu trop facile, même si j'aime bien la toute fin, l'idée d'une parenthèse.

Suicide squad

Amanda Waller siégeant au gouvernement a monté le projet Task force X. Superman a disparu, elle compte le remplacer en utilisant, de force, des super criminels. Elle recrute ainsi Deadshot, tireur d'élite et tueur à gages, Harley Quinn, psychologue psychopathe petite amie du Joker, Killer croc, créature monstrueuse, Digger Harkness, un voleur australien, et El Diablo doué de pyrotechnie. Dirigé par le colonel Flag, ils sont censés protéger le monde. Amanda a également recruté l'enchanteresse, être mythique habitant le corps de June Moon. Mais celle-ci échappe au contrôle de la députée. La Task force X est alors envoyée sur place.

Peu amatrice de films de super-héros, j'ai néanmoins passé un moment divertissant (en compagnie de mon petit-fils, ça doit aider l'enthousiasme d'un enfant). Le film reste agréable à regarder si on fait l'impasse sur un scénario cliché (le but altruiste commun qui transforme les super vilains en quasi gentils, qui rend tout le monde ami, et la fin consensuelle), des acteurs peu charismatiques, à l'exception de  Margot Robbie, géniale interprètre d'Harley Quinn. Rien que pour elle, le film mérite d'être regardé. Bref, sympa, mais pas inoubliable.

La bataille de la planète des singes (1973)

Pour ce cinquième et dernier opus de la première saga, nous retrouvons César quelques années après le soulèvement. Il dirige un village où les singes vivent en paix avec les humains employés à des tâches subalternes. Tout pourrait bien se passer, mais il doit faire face à Aldo un gorille rempli de haîne envers les hommes. Après une visite dans la ville radioactive en ruines, ses problèmes s'accentuent. Repérés par une communauté de survivants menée par Kolp (policier du précédent opus), une nouvelle bataille se profile.

Je ne l'avais jamais vu (alors que je le croyais), donc, bon point pour la découverte. Au-delà de ça, c'est peut-être l'épisode le plus faible. L'histoire est survolée, les effets spéciaux sont toujours aussi limites, les personnages manquent de véracité, l'intrigue est fragile. Reste l'épilogue sympathique sur la possibilité de changer le futur. Malgré tout, j'ai passé un bon moment dans cet univers qui tient une place à part chez moi.

Jusqu'en enfer

Un film de Sam Raimi, célèbre réalisateur, producteur et scénariste d'Evil dead. Christine travaille dans une banque et s'occupe des crédits immobiliers. Un matin, elle reçoit Mme Ganush qui vient solliciter un délai pour son prêt. A cause d'une promotion en vue, la jeune femme rejette la demande de la vieille gitane. Celle-ci, après avoir supplié, perd toute contenance et agresse violemment Christine avant de lui jeter une malédiction. Le quotidien de cette dernière sera désormais dérangé par la Lamia, créature infernale. Avec l'aide de Rham Jas, un voyant, elle va tenter de se débarasser du mauvais sort.

Sympathique sans être exceptionnel, le film se laisse regarder avec quelques scènes qui font sursauter. Mais nulle peur à la vision du long métrage. Avec des acteurs corrects, sans être transcendant pour un film correct.

La conquête de la planète des singes (1972)

Les prédictions de Zira et Cornélius dans l'opus précédent se sont avérées exactes. Un virus a éliminé les chats et les chiens, les singes ont remplacés les anciens animaux de compagnie, et très vite, ils ont été utilisés à de multiples tâches par les humains. Le fils de Zira et Cornélius a grandi auprès d'Armando, à l'abri de cette évolution. Lorsque le directeur de cirque se fait arrêter, César se réfugie parmi la population simiesque de la ville et découvre l'exploitation des siens. Bientôt, le jeune singe entame les préparatifs de la rébellion.

Toujours aussi sympa de retrouver cet univers, même si le premier film reste indétrônable. Ici, on découvre en image un épisode relaté au cours des épisodes précédents : la prise de pouvoir par les singes. L'histoire est parfois un peu invraisemblable, les maquillages et effets spéciaux sont limites, mais j'ai une tendresse particulière pour cette saga qui me fait passer sur les défauts.

Hostel

Baxton et Josh passent leurs vacances à sillonner l'Europe. Le duo rejoint par Oli rencontre un jeune slovaque qui leur vante les filles de son pays, leur liberté sexuelle et leur attrait pour les étrangers. Ni une ni deux, le trio se met en route pour la Slovaquie. Sur place, ils font connaissance de jeunes femmes superbes et faciles. Le pied. Mais au matin, Oli ne réapparaît pas. Bien qu'un peu surpris, ses amis continuent à s'amuser, jusqu'à ce que ce soit au tour de Josh de s'envoler. Baxton, inquiet, se met à la recherche de son compagnon de route. Son enquête va l'amener à découvrir de bien étranges et cruelles pratiques, un commerce épouvantable dont il doit être une des attractions.

Un film d'horreur sympathique et assez solide. Les acteurs, sans être extraordinaires, s'en sortent pas mal. L'histoire, bien qu'un peu too much parfois, tient la route. Passé un bon moment, pas inoubliable, mais certainement pas une perte de temps.

Sang futur (Kriss Vila)

Paru initialement en 1977, et réédité en 2008, Sang futur est un coup de poing, une écriture qui cogne, sans chichis, violente et qui vous agresse presque. On y suit le parcours de plusieurs punks, dont Dikkie-La-Hyène, meurtrier recherché par un flic en train de se perdre dans sa haine. Et puis aussi El Coco, écrivaillon fasciné par le White Flash Club dont on se demande s'il écrit vraiment. Et plein d'autres, tous à la dérive, drogues alcool musique, comme un credo unique dans leur vie.

C'est un bon livre loin du consensuel, un livre sur une époque, qui claque.

Les évadés de la planète des singes (1971)

Sorti un an après le second opus, ce film inverse le propos des deux premiers en mettant un couple de singes (Zira et Cornélius précisément) au centre de la société humaine des années septante. A la fin de l'épisode précédent, la planète des singes volait en éclat suite à l'activation d'une bombe nucléaire. Pour permettre une suite, une grosse ficelle : le docteur Milo a récupéré, sous l'eau, le vaisseau de Taylor et grâce à celui-ci remis en état, lui, Zira et Cornélius se sauvent avant l'apocalypse, auquel ils assistent depuis l'espace. Reprise de l'idée du voyage dans le temps, mais pour cette fois, en le remontant. Les trois singes échouent donc aux Etats-Unis et deviennent des vedettes dès que leur capacité au langage et leur intelligence sont découvertes. Mais bientôt, l'opinion change, des peurs surgissent, et ceux qui étaient portés aux  nues deviennent des dangers pour l'humanité future.

Un film sympathique, plus humoristique que les précédents, plus gentillets, si l'on excepte la fin plus sombre. Quelques ficelles et erreurs, une bonne interprétation et un scénario assez solide. Meilleur que le deuxième car plus original, avec l'innovation du schéma inversé.

Le secret de la planète des singes (1970)

Suite directe du premier opus, ce film reprend là où s'était arrêté le précédent. Brent s'échoue, comme Taylor avant lui, sur une planète qu'il imagine extra-terrestre. Après avoir rencontré Nova, il part à la recherche de Taylor, avant de découvrir que les singes sont les maîtres de ce monde. Fait prisonnier, il s'échappe grâce à l'aide de Zira et s'enfonce dans la zone interdite pour y découvrir une communauté de télépathes adorant une idole qui n'est autre qu'une bombe atomique. De leur côté, les singes lancent une expédition guerrière vers les mêmes lieux.

Si ce deuxième film de la franchise se regarde sympathiquement, il n'a pas les qualités de son prédécesseur. Grosses ficelles (la rencontre avec Nova, la découverte des ruines...), personnages moins charismatiques, singes moins importants, histoire trop semblable sur la première partie du film, toutes petites choses qui en font une histoire moins marquante. Reste le plaisir de retrouver l'univers toujours aussi appréciable.

Violences 2

Violences, un petit fanzine de 61 pages consacrées à la violence sous toutes ses formes.

Un édito, dix-huit textes, quatorze illustrations, et un dernier texte encollé à la fin.

Sommaire

- Édito

- Krakra (illustration)

- Claire Von Corda : F. Y.

- Jean Azarel : Enfance de merde

- Michel Lascault (illustration)

- Astrid Toulon : Blouses blanches

- Audrey Faury : Chagrin d'amour (illustration)

- Marlène Tissot : Pas de bébé

- Christophe Siébert : Exemple d'utilisation des forces productives etc.

- Jimmy Fortier (illustration)

- Henri Clerc : Posé là-bas

- Jimmy Fortier (illustration)

- Michel Meyer : Tas de fils de pute

- Audrey Faury (illustration)

- Luna Beretta : Bête féroce

- Antonella Fiori : Pan t'es morte !

- Lucas Ottin : Prendre les armes

- Lilas (illustration)

- Xavier Serrano

- Eric Demelis (illustration)

- Perrin Langda

- François Fournet : Voiture

- Audrey Faury : Hérétique (illustration)

- Catherine Robert : Il t'attend dans l'entrée

- Wood : Phi (illustration)

- Alain Manghetti

- Marie-Pierre Brunel (illustration)

- Pénélope Corps : C'est pas un poème

- Jimmy Fortier (illustration)

- Julien Boutreux : Considérations sur le vivant

- Bryan Beast (illustration)

- Mathias Richard : Prenssée #i

- Lilas (illustration)

- Astrid Toulon : Dans ma tête

 

Dix-neuf textes courts, mêlant prose, et parfois poésie. Dix-neuf textes coup de poing dans la face, dans l'estomac, dans le cœur, dix-neuf déclinaisons de la violence dans ses formes différentes, visuelle ou intérieure, psychologique ou physique. Dix-neuf récits à lire pour se faire mal, à déguster lentement sous peine de se faire mal. Je ne résumerai pas parce que trop de textes ne sont pas résumables, il faut s'y plonger et les découvrir.

De la qualité dans ce petit fanzine. Et du noir.

Noir et rouge (Artikel Unbekannt/Schweinhund)

Fini ma lecture de Noir et rouge paru aux Editions Rivière blanche en octobre 2016. Une lecture intéressante, plaisante, diversifiée, où l'on a la joie de retrouver toutes les palettes de cet auteur multifacettes. Dans ce recueil se trouve rassemblée l'ensemble des nouvelles parues dans diverses anthologies, augmentée de quelques inédits. Le livre est découpé en quatre parties, où l'on peut s'amuser à essayer de deviner qui d'Artikel ou de Schweinhund est aux commandes.

Slice of death : composée de six récits où la réalité se mélange aux cauchemars.

A mourir de rire : j'y ai bien reconnu le style "halluciné" de l'auteur dont on ne sait pas toujours situer la frontière entre mirages et réalités. C'est assez étouffant. La folie du personnage est bien rendue, tout comme son obsession pour ce rire. On a tous déjà entendu des rires qui nous irritent, on entre bien dans son délire.
Rouge : encore plus halluciné, avec une frontière encore plus floue entre les mondes du réel, du fantasme et de la possession. Là aussi, on étouffe sous les mots. C'est une ambiance quasiment anxiogène, très bien faite. C'est aussi une des raisons pour lesquelles, on ne peut pas lire les textes l'un après l'autre. Une pause est bien nécessaire pour respirer, digérer, et assimiler.
Passé décomposé : une histoire d'amour maudite, sombre, mais à l'atmosphère moins étouffante que les deux premières nouvelles. L'inéluctabilité du destin, et ce qui doit arriver arrivera, de toute façon. J'apprécie cette noirceur.
Jaune : je dois avouer que je ne suis pas sûre d'avoir compris la fin. C'est assez rare quand je lis l'auteur, mais ça m'a un peu laissé une impression plus mitigée, même si j'ai aimé le ton de l'histoire, et ce côté mémoire en fuite qui revient petit à petit, pour le pire.
Retour aux sources : un style moins haché, plus fluide, pour une histoire où j'ai deviné assez vite les dessous. Ce qui n'empêche qu'elle m'a plu, bien sûr. C'est toujours aussi maîtrisé et prenant. Car même dans un style moins cogneur, l'atmosphère reste lourde.
A feu et à sang : celle-là, je l'avais découverte dans L'almanach des vampires, et je l'avais vraiment beaucoup aimée à l'époque. Je l'ai relue, et je l'apprécie toujours autant. C'est la plus "douce" (si tant est qu'on peut parler de doux pour les récits de l'artiste), la plus sensuelle aussi, de cette première partie. On vit les émotions du protagoniste jusqu'à l'épilogue.

Pulp is not dead : à nouveau six récits, hommages à des auteurs, à des oeuvres. Il m'a été plus difficile d'entrer dans ces nouvelles. Pas à cause du style, impeccable, comme d'habitude. Pas à cause d'histoires que je n'aurais pas comprises, tout est très fluide. Non, cela vient de moi et de mon inculture. Il s'agit de textes "hommages" et malheureusement la plupart des œuvres originelles me sont plus ou moins inconnues. De là, j'ai ressenti une sorte de manque. Compliqué pour moi d'apprécier à leur juste valeur ces six textes.

Dark night : un petit garçon qui fait des cauchemars, un film au cinéma le soir, une rencontre dans les rues ensuite. Une courte histoire, bien écrite, avec une petite chute que je n'ai pas vue venir. Très bien écrite, peut-être un peu courte et rapide. Je ne sais pas trop quoi en dire de plus.
La tension de la stratégie : j'ai préféré ce récit-ci, alors même que je ne connais pas du tout l'oeuvre originelle. Une enquête sur un incendie, un antagoniste d'ailleurs, du suspense, des personnages accrocheurs. Vraiment sympa.
Aliénation : dans celui-là, il y en a quand même un, j'ai vu l'hommage à un film qui reste un de mes préférés. Du coup, contente je suis, mais on s'en fout. En tout cas, j'ai beaucoup apprécié l'histoire de cet androïde un peu dépassé par les événements, certains clins d’œil que j'ai repérés (j'ai dû en louper aussi), la progression de l'intrigue. C'est mon top de cette partie.
Le masque et la marque : cette nouvelle, j'en ai bien sûr apprécié la lecture, mais ne connaissant aucun des personnages extirpés d'autres romans, je n'ai malheureusement pas pu l'apprécier à sa juste valeur. C'est l'exemple type d'histoires où j'ai ressenti le manque dans mes connaissances. Vu cette inculture, je ne peux pas en dire grand chose, juste qu'elle est très bien écrite et très bien menée, et qu'elle devrait plaire aux amateurs des Fleuve noir Angoisse.
Le péril jaune : celle-ci rejoint la précédente. Je ne connais pas les histoires de départ, il me manque donc un truc pour rentrer complètement dedans. Et pareillement à la précédente, elle est pourtant superbement écrite.
Travaux forcés : par contre, ici, malgré, encore une fois, mon ignorance, j'ai pris plus de plaisir. Peut-être grâce à une histoire qui pourrait presque coller à n'importe quel écrivain dont on est fan. Aussi apprécié les petites allusions vers des éditeurs. Bref, elle est amusante.

No future : trois nouvelles pour cette partie-ci. Qui partent vers l'apo ou le catastrophe, dans un style qui emprunte, je dirais, aussi bien à celui d'Artikel qu'à celui de Schweinhund.

- Japon, année zéro : Kiyochi, Kumiko, Kojima, trois jeunes gens ayant fait leurs études ensemble, liés par l'amour et la haine, dans un Japon juste avant Hiroshima. Un trio en route vers un étrange destin. Rondement mené, pour un récit s'extirpant des ruines d'une des pires horreurs commises par l'humanité.
- Angst : dans le Berlin de l'immédiate après-guerre, une histoire mêlant anciens nazis et expériences contre-nature. Comme pour la précédente nouvelle, on plonge dans une période noire de l'histoire pour contempler ses blessures et ses cicatrices. Un beau texte.
- Caïn et la belle : un homme se réveille sans mémoire dans un monde post-apocalyptique. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que s'est-il passé ? Une quête vers les souvenirs et la compréhension, puis la rencontre et enfin les réponses. Un beau récit de fin du monde, assez sombre et sans espoir, que j'aime beaucoup.

White trash : un ensemble de quinze nouvelles, dont j'en connaissais déjà plus de la moitié, puisque huit d'entre elles furent publiées à l'origine dans Dimension Trash. La partie plus rouge du recueil. Celle où l'on retrouve Schweinhund dans ses obsessions pour les cauchemars, la folie, l'horreur, ou la violence.

- 1985-1990 : l'auteur compose une ode à une de ses références, la collection Gore du Fleuve noir. Le tout mélangé de folie. Bel hommage.
- La chambre noire : j'en avais découvert une version courte, il y a déjà pas mal de temps. La voici rallongée, mais j'y retrouve toute sa noirceur et sa paranoïa. Encore, le thème de la folie décliné d'une autre manière.
- Légion : une sorte d'incantation folle, sombre, et oppressante, où l'auteur joue avec les mots comme il aime à le faire. Et toujours cette folie sous-jacente.
- Quinze minutes : ici, nulle folie, juste du sale, du trash. Plus direct et cogneur, aussi bien dans l'histoire plus ancrée dans la réalité, que dans le style violent.
- Bon sang ne saurait mentir : dans celui-ci aussi, nous retrouvons la folie, mais dans le style moins halluciné de la précédente, juste la violence, avec un côté un peu décalé qui arrive à faire sourire.
- Löwenacht : une sorte de pamphlet contrre le consumiérisme, mais avec le style propre à Schweinhund, ça devient autre chose, un récit à nouveau halluciné.
- Profondo nero : celle-ci reste à part pour moi. Je l'ai découverte il y a plus de deux ans, et si ce n'était pas le premier récit de l'auteur que je lisais (le deuxième si je ne me trompe pas), c'est celui qui me l'a vraiment fait découvrir et apprécier. Un récit sombre, où tout se cache dans les détails, où la folie est hallucinée comme pour d'autres textes, mais avec un rapport clair à son origine, à son horreur.
- 2013-2016 : l'autre nouvelle qui se taille une place à part. Lorsque je l'ai découverte dans Dimension Trash, je l'ai beaucoup appréciée, un bel hommage aux auteurs Trash. Mais ce plaisir fut accompagné d'une petite pointe de déception, les derniers auteurs à rejoindre Trash ne s'y trouvaient pas évoqués, faute à une dead-line trop juste. L'auteur l'a reprise un peu, et c'est avec joie que je m'y suis retrouvée. Alors merci, ce sont quelques lignes qui m'ont fait extrêmement plaisir.
- Contre-nature : cauchemar de grossesse, très malsain et sombre.
- S.O.S. : un peu de claustrophobie, un peu d'agoraphobie, un peu de phobie tout court, et une promenade dans un New York écrasé par la chaleur, plaisante à suivre.
- Confrontation : beaucoup moins de violence, même si elle reste à l'âffut. J'ai bien aimé cette histoire de confrontation avec ses personnages peut-être pas si improbables que ça.
- L'altro inferno : un texte, presqu'une litanie où s'évoquent la religion, l'enfer, le mal, d'ici et d'ailleurs. Un récit puissant.
- Blutwurst : l'histoire d'un homme à un concert, ou d'un petit garçon, ou d'un fantôme, on choisit, comme on veut, mais c'est sombre et ça fait mal.
- L'oeil du serpent : hommage à Kââ/Corsélien, dans le style à Schweinhund, un mélange de pensées folles et une réalité brute.
- Corps et liens : comme le précédent, un hommage au même auteur. Schweinhund y joue avec les mots, avec délectation, ça donne le résultat habituel, un texte halluciné, étouffant, oppressant, sombre, et malsain, où l'on devine l'histoire par petits coups, petites phrases, et le puzzle se met en place doucement.

Artikel Unbekannt et Schweinhund soumis à la question par Zaroff : une interview menée par Zaroff, auteur Trash des opus "Night stalker" et "Bayou", où le compositeur du présent recueil se livre (un peu) sur lui-même, ses références, sa façon d'écrire.

Pour conclure, je dirais que "Noir et rouge" est un livre à lire à son aise, parce que le sentiment d'oppression éprouvé sur la plupart des nouvelles invite à une pause. Il faut prendre le temps de digérer les textes, de les assimiler, parfois de passer derrière les mots, pour découvrir le sens caché. Schweinhund/Artikel est un orfèvre qui cisèle chaque phrase, les amenant loin dans la stylistique. C'est parfois ardu, ça donne un résultat étonnant, mais surtout, c'est intense, une façon de procéder que je n'ai encore jamais trouvée chez aucun autre auteur. Ca le met à part, une personnalité littéraire unique, ce qui en fait sa force.

Fumée de souvenir, dans Rrose Sélavy 2

Fumée de souvenir est un sonnet composé dans les règles classiques à tendance mélancolique, si j'osais, je dirais qu'il s'agit d'un spleen. Ah ! Bin j'ai osé.

Je l'ai écrit il y a déjà trois ans, presque jour pour jour (toute fin décembre 2013) et il reste l'un de mes préférés de ma période poésie. Il fait partie de mon recueil pour lequel j'ai abandonné l'idée de trouver un éditeur. De temps en temps, j'en soumets un à un appel à textes, pour leur donner une petite vie. Je suis donc ravie de le voir intégrer une publication.

Après De vers et d'os (dans Naissance des deux crânes) et Le puits (dans la revue La piscine 1), il s'agit de mon troisième sonnet qui trouve une place.

La planète des singes (1968)

En expédition dans l'espace, Taylor et ses trois compagnons finissent par se crasher sur une planète inconnue qui voit mourir directement Carol. Echoués dans une zone aride, les naufragés se mettent à la recherche d'un lieu plus accueillant. Après avoir marché longtemps, ils finissent par découvrir des paysages boisés, tout en même temps qu'une peuplade humaine, visiblement au stade préhistorique. Mais à peine revenu de cette première surprise, les voilà pris en chasse par une horde de singes à cheval, munis de fusils. Tandis que l'un des trois est tué, les deux autres sont capturés. Taylor se retrouve bientôt enfermé dans les geoles d'un service vétérinaire dirigé par Zira. Blessé à la gorge, il se trouve incapable de s'expliquer, de sortir du lot d'hommes muets. Malgré tout, il arrive à capter l'attention de Zira, fascinée par son intelligence, en dépit du scepticisme autour d'elle. Le jour où il s'échappe de sa prison, Taylor retrouve la parole, au grand étonnement des singes, effrayés par cette créature. Zaïus, haut responsable dans cette société rejette en bloc toutes les théories de Zira et de son fiancé Cornélius. Pour protéger son peuple, il est prêt à détruire Taylor.

Sorti il y a presque cinquante ans, ce film réalisé par Franklin J. Schaffner reste un classique de la science-fiction, ayant généré quatre suites directes, et trois opus sorti en ce millénaire plus un quatrième à sortir cette année. Adapté du roman du même titre de Pierre Boule, il a très peu vieilli par rapport à d'autres film sf, grâce certainement à une histoire atemporelle. Bien sûr les effets spéciaux sont rudimentaires, mais les personnages et le récit demeurent suffisamment hors époque que pour regarder ce film avec beaucoup de plaisir.

Charogne tango (Brice Tarvel)

Déjà un moment que je ne suis plus venue parler d'un petit bouquin TRASH. Il est temps de réparer.

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J'ai préféré cet opus à "Silence rouge", le précédent volume trashien de l'auteur (que j'ai apprécié, n'allez pas penser le contraire), plus rouge, plus poussé dans les crimes. Les personnages, surtout, m'ont accrochée. Gonzalo et ses pulsions, Patchouli à moitié dingue, Mouna et son arbalette, l'inspecteur aussi, intriguant et pas net du tout. Et même les personnages plus secondaires comme la mère et les jumelles albinos, ou l'autre mère, tétraplégique et geignarde. Un ensemble de personnages décalés pour un tout qui finit par vous happer.
Ce que je trouve fort, c'est que Gonzalo et Patchouli, ce sont des meurtriers, des gens, donc, détestables, mais impossible, on n'arrive pas vraiment à les détester (surtout Patchouli qui s'avère adorable malgré ses méfaits). Et l'impression, à la fermeture du bouquin, est un poil dérangeante, apprécier ces drôles de gusses alors qu'on préférerait les conspuer.
Je qualifierais "charogne tango" presque comme une romance, mais une romance bien rouge, ce qui la rend très intéressante.