Genèse de "Larmes de sexe"

Au début, fut un atelier sur l'Ecritoire des Ombres : l'atelier porno. Le porno et moi, c'est pas l'amour. Ou plutôt, pour être vraiment précise, je n'ai aucune difficulté à écrire des scènes de sexe pour mes textes trash, mais il ne s'agit pas de sexe heureux, il s'agit de sexe souffrance. Dès qu'il faut parler de parties de jambes en l'air joyeuses, Catherine n'est plus là. Quand je m'y essaie, le résultat n'est pas top, et surtout, j'ai toujours l'impression que tout est cliché.
Alors, l'atelier, il tombait à pic. Je m'y suis essayée une première fois. Mouais bof. Mais pas question de capituler devant l'adversaire, et je m'y suis retentée, avec dans l'idée que si je mettais une petite histoire autour, du contexte, ça me serait, peut-être, un peu plus facile. Un mot, ou plus exactement un mot-valise, a déclenché le travail : Sexcellence. Et si, dans un monde imaginaire, vivait une société basée uniquement sur le sexe, et si dans cette société, il existait des diplômes récompensant les plus méritants. J'avais mon pitch de départ pour mon atelier.
Ensuite, comme à mon habitude, j'ai laissé courir mes doigts sur le clavier. Au bout, j'ai obtenu un texte de plus ou moins 10 000 sec. Estimant que c'était trop pour l'atelier, je l'ai proposé à lire ailleurs à mes cobayesbêta-lecteurs. Le récit est plutôt bien passé, même si ce n'était pas un chef d'oeuvre de littérature porno.
Moi, je m'étais beaucoup amusée à l'écrire, et dès le lendemain, j'entamais une deuxième nouvelle prenant place dans le monde imaginé. Ainsi naissait Sextérieur. Puis une troisième, une quatrième, ainsi de suite durant cinq jours (non compris la pause week-end obligée), sans jamais savoir ce que j'allais inventer en commençant chaque séquence, sans savoir où je m'arrêterais. Petit à petit, l'ambiance a glissé vers du X plus glauque, je me sentais de plus en plus à l'aise avec mon intrigue. Au final, je suis arrivée à treize chapitres et un peu moins de 160 000 sec.
Le résultat restait un poil foutraque, à cheval entre un recueil avec fil rouge et un roman ; inclassable quant à son genre. Était-ce du porno ? Non, plus seulement. Était-ce du torture porn ? Non, pas uniquement. Était-ce de la dystopie ? Oui, mais pas que. Était-ce de l'apo ? Oui, entre autres.
Que faire d'un tel manuscrit ? Aucune idée. Surtout qu'il y avait pas mal de travail pour peaufiner le tout, lisser l'ensemble, et un chapitre à réécrire complètement. Et ça, ceux qui ont lu mon précédent article savent que c'est un de mes pires démons dans le travail de relecture.
J'ai laissé poser le bébé un peu. Puis, j'y suis retournée pour cette réécriture. Une première fois, j'ai laissé tomber. Une deuxième fois, j'ai laissé tomber. Une troisième fois, j'ai laissé tomber. Mais j'avais trop envie de terminer mon histoire, de la rendre aussi propre que possible. J'ai donc persévéré, et j'ai fini par réussir la reformulation de ce passage problématique. Dans le remodelage, j'avais perdu du signe, ce qui n'était pas embêtant puisque dans le même temps, j'avais écrit deux nouvelles séquences qui augmentaient un poil la taille pour passer mon court roman au-delà des 160 000..
Mon récit était enfin terminé. Il pouvait retourner dans les limbes de mon disque dur puisque je n'avais aucune idée de ce que je pouvais en faire.
Mais c'était sans compter sur l'étonnant Schweinhund. Il y a peu, il m'a demandé de lui envoyer Sexcellence (titre du premier chapitre écrit et qui est resté mon titre de travail tout le long). Il a lu, il a apprécié, il m'a dit que peut-être... Et ce peut-être s'est transformé rapidement en oui pour rejoindre Tranches de mort dans Thanatéros.

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