Thanatéros

Tout ce que vous rêvez de découvrir sur Thanatéros, et tout ce que vous n'avez jamais voulu savoir.

Thanatéros, la couv

Alors, oui, elle n'est pas inconnue, elle est déjà passée de-ci de-là, mais elle est tellement réussie qu'elle mérite bien son billet propre, sa mise en avant.

Une création de Danièle Serra qui a accompli un superbe travail. Un visuel exprimant on ne peut mieux l'idée de mort, avec cet (ces) ennemi sans nom, qui court tout le long de ce recueil rassemblant mes deux courts romans, Larmes de sexe et Tranches de mort.

Thanateros couv

Genèse de "Tranches de mort"

Ce roman, figurant en seconde position dans le recueil, porte donc le titre de... Tranches de mort. Début 2015, peu après avoir accepté Greta dans sa maison d'édition, la bien nommée TRASH, Schweinhund m'a affirmé déceler une signature commune dans mes textes durs : des femmes soumises à la brutalité masculine, des univers clos ou carcéraux. Greta, Romane, Anita, Samantha lui apparaissaient comme autant de variations sur le thème d’un seul et même destin atroce. Il m'a donc suggéré un axe de travail : reprendre la nouvelle Péché de chair (parue dans Ténèbres 2015) et tenter de la fusionner avec la novella Yin et yang (inédit) afin de développer une seule histoire. Ceux qui me connaissent le savent, ma réaction à une telle proposition ne pouvait être que... « Impossible ! Je suis incapable d'un travail pareil ». 

Mais, de un, mon éditeur n'a pas abandonné son idée (et heureusement), et de deux, cette idée, elle a travaillé en arrière-fond dans mon esprit, sans se résoudre à disparaître. Et si lui y croyait, je n'avais pas de raison de ne pas y croire un minimum moi aussi, surtout que je n'ai jamais eu à regretter de lui faire confiance. J'ai fini par me décider à tenter le coup. À ce moment-là, trois nouvelles devaient me servir de base. Mais hélas, pour cette première tentative, je ne suis arrivée à rien, mon angle d'attaque touchait trop à ce que je ne sais pas faire : la réécriture. Le projet s'est retrouvé en sommeil quelques semaines.

Et puis, je m'y suis attelée à nouveau en abordant l'affaire d'une autre façon. J'ai d'abord écrit une courte histoire, un récit qui clôturerait le roman. À partir de là, j'avais trouvé ma façon d'envisager ce projet ; je pouvais le conduire d'une façon qui me conviendrait à moi, qui serait adaptée à mes capacités. Les choses se sont débloquées et enchaînées, le reste n'était plus que du montage-assemblage. Cette base m'offrait déjà plus ou moins 140 000 signes. Ensuite, d'autres fragments sont petit à petit venus se greffer à l'ensemble, quelques-uns que j'ai songé moi-même à ajouter, beaucoup suggérés par Schweinhund.

Car il ne s'est pas contenté de suggérer et d'attendre. Non, il a accompagné le projet de bout en bout, en « chapeautant » chaque étape, chaque remaniement. Il a lu et relu, il a fait des propositions, il a tenu bon face à mes nombreux doutes et autres moments de découragement. Et là, je peux l'affirmer, sans lui, Tranches de mort n'existerait tout simplement pas. Ou du moins pas sous cette forme. Mon éditeur s'est débrouillé pour me pousser à faire un truc auquel je n'aurais jamais pensé. Et il l'a fait avec une foi inébranlable, transformant des récits a priori sans lien entre eux en un tout solide. En tout cas, au bout du compte, le résultat est là : Tranches de mort existe. De même que Larmes de sexe. Deux bizarreries dépravées pour un ensemble que j’espère cohérent. Vous me direz.

Genèse de "Larmes de sexe"

Bien avant que Schweinhund déclenche son projet Thanatéros fut une tentative. Ou plutôt un défi : celui d’écrire un texte porno. Parce que le porno et moi, c'est pas l'amour. Ou plutôt, pour être vraiment précise, je n'ai aucune difficulté à écrire des scènes de sexe pour mes textes trash, mais il ne s'agit pas de sexe heureux, il s'agit de sexe douloureux. Dès qu'il faut parler de parties de jambes en l'air joyeuses, Catherine n'est plus là. Mais pas question de capituler devant l'adversaire. D’autant moins que m’était venue une idée d’histoire qui, peut-être, me rendrait la tâche plus facile. Un mot, ou plus exactement un mot-valise, me trottait dans la tête : Sexcellence.

Et si, dans un monde imaginaire, vivait une société basée uniquement sur le sexe ?  Et si, dans cette société, il existait des diplômes récompensant les plus méritants ? J'avais mon pitch de départ. Ensuite, comme à mon habitude, j'ai laissé courir mes doigts sur le clavier. Au bout du compte, j'ai obtenu un texte de plus ou moins 10 000 signes. Estimant que le résultat était convenable, je l'ai proposé à mes bêta-lecteurs. Le récit a été plutôt bien accueilli. Alors comme je m'étais beaucoup amusée à l'écrire, j'entamais dès le lendemain une deuxième nouvelle prenant place dans le monde imaginé. Ainsi naissait Sextérieur. Puis une troisième, une quatrième, ainsi de suite durant cinq jours, sans jamais savoir ce que j'allais inventer en commençant chaque séquence, sans savoir où je m'arrêterais.

Petit à petit, l'ambiance a glissé vers du X plus glauque, et je me sentais de plus en plus à l'aise avec mon intrigue. Au final, je suis arrivée à treize chapitres. Le résultat restait un poil foutraque, à cheval entre un recueil avec fil rouge et un roman ; inclassable quant à son genre. Était-ce du porno ? Non, plus seulement. Était-ce du torture porn ? Non, pas uniquement. Était-ce de la dystopie ? Oui, mais pas que. Était-ce de l'apo ? Oui, entre autres. Que faire d'un tel manuscrit ? Aucune idée. Surtout qu'il y avait pas mal de travail pour peaufiner le tout, lisser l'ensemble, et un chapitre à réécrire complètement.

Malgré cette démarche sans but, j’ai persévéré, et j’ai fini par reformuler le passage en question. Durant le remodelage, j'ai même écrit deux nouvelles séquences qui augmentaient un poil la taille de mon court roman en l’amenant au-delà des 160 000 caractères. Mon récit était enfin terminé. Il pouvait retourner dans les limbes de mon disque dur, puisque je ne voyais toujours pas à qui le proposer. Mais c'était sans compter avec l'étonnant Schweinhund. Car un beau jour, il m'a demandé de lui envoyer Sexcellence (titre du premier chapitre écrit et qui est resté mon titre de travail tout le long). Il a lu, il a apprécié, il m'a dit que peut-être... Puis il est rapidement revenu vers moi faisant plusieurs propositions. Les deux premières m’ont permis d’ajouter deux chapitres supplémentaires.  La troisième consistait en un nouveau titre. Ainsi est né Larmes de sexe. Mais ce n’était qu’un début…