Morts, dents, lames II

Morts, dents, lames II est l'anthologie dans laquelle est parue ma nouvelle "15 minutes avant de mourir". Ca me fait toujours bizarre de commenter un bouquin dans lequel je parais, mais j'aime pourtant en donner une chronique. Dans l'ensemble, le résultat est concluant.

- È una cosi bella notte (Erika Lionel) : un des textes les plus courts, assez classique, mise en bouche sur fond de vengeance. Agréable à lire.

- Les petits monstres de Billy (Cécilia Lépine) : Billy et cinq camarades, tous mômes blessés par la vie, ont décidé de se donner mutuellement la mort, jusqu'à ce que le dernier se suicide. S'ensuivent une série de meurtres presque poétique tout autant que très violent. Beaucoup aimé.

- La tentation du saint (David Mons) : André vient de se faire virer par son pervers patron, après une jolie humiliation. Dans le taxi qui l'emporte, il se voit proposer la place du diable, mais il doit faire ses preuves. Belle revisite des tentations du démon, original et imaginatif. Bien cruel aussi. Beaucoup aimé également.

- Le rugissement du concombre (Ludovic Klein) : Tony organise un barbecue et y croise une gothique vegan qu'il ne peut s'empêcher de moquer. Mais le voilà bientôt aux mains d'une folle qui lui ordonne de tuer une vache. Un récit, amusant sur sa fin, qui défend la cause animale. Bien écrit, mais moins mon genre.

- Coup pour coup (Thomas Spok) : Eugène a une particularité bizarre : grâce au sang il se régénère de ses blessures. Sa voisine Marie, femme battue, au courant, ils sont liés par une sorte de contrat qui empêche Eugène d'intervenir dans les scènes de ménage en échange du précieux liquide. Déclinaison originale du mythe du vampire. Un peu bref cependant.

- La méthode du docteur A. (Stephane Croenne) : Alba, subitement, se voit atteinte d'une étrange maladie : sa vie l'a quittée, semblant coller à son état d'esprit presque mort. On lui indique le docteur A. qui peut la guérir. Mais qui est cette docteur A. et quelle est son étrange méthode ? Singulier, peut-être pas assez sombre à mon goût.

- Zombie walk (Bruno Pochesci) : durant une zombie walk, le protagoniste cherche une proie. La nature de la manifestation ramène les risques de ses plaisirs bestiaux proche de zéro. Bien écrit, entraînant, mais sans surprise. Bien aimé malgré tout.

- In nomine Patre, et Filii, et Spiritus Sancti (Véronique Gault) : Ernest est un clodo sur le point de roupiller dans son coin de rue après s'être enfilé la bibine quotidienne. Mais ce qu'il ne sait pas c'est qu'il est surveillé. Assez classique.

- Le fantasme (Thomas Spok) : Marie et Antoine s'expriment devant un thérapeute, parlent de violence. Bref, peut-être trop bref, mais les passages du début sont forts.

- Un autre homme (David Misergue) : Daniel est subjugué par une Porsche. Bien que hors de ces moyens, il ne peut s'empêcher d'accepter un essai au volant. Quel plaisir. Mais rien ne se passe comme prévu. J'ai beaucoup aimé la fin, je ne m'y attendais pas.

- Felis Supplice (Cancereugène) : Jeanine, retraitée de services secrets, retrouve son chat éventré. Ses anciennes relations lui permettent de trouver rapidement le coupable de cette abomination : Kader, un môme psychopathe du quartier. Qu'importe son âge, il doit payer. Déjanté est le terme le plus approprié pour ce récit haut en couleurs. Beaucoup apprécié.

- 15 minutes avant de mourir (Catherine Robert) : ma nouvelle donc. Que feriez-vous si vous appreniez qu'il ne vous restait que quinze minutes à vivre ? Julien a trouvé une manière originale de passer ses derniers instants.

- Ice (s)creams (Sébastien Parisot) : Hélène est réveillé par une envie littéralement irrésistible de glace à la vanille. Elle n'est pas la seule : Stefan, son mari, et Thimotée son fils ressentent le même attrait. En manque ils partent en expédition pour en trouver. J'adore ce genre de récits décalés qui prennent un élément banal et le transforme.

- Le verre de l'amitié (Thomas Spok) : Octave réclame un verre dans son bar habituel. Ses amis lui refusent, malgré son histoire d'infidélité comme excuse à la tentation, et tentent de le rassurer. Mais un inconnu commet la gaffe de suggérer qu'il y a peut-être du vrai. Assez étrange, mais qui se lit.

- Viande fraîche (Cancereugène) : un vieillard survit cloîtré avec un stock de viande de cheval. Il ne peut manger que ça, rien que ça et son stok diminue. Beau récit, sombre et désespéré.

- Beautiful people (Guillaume G. Lemaître) : Delphine revit la mort d'Hélène, sa meilleure amie lorsqu'elles étaient enfants, celle qu'elle a voulu laisser derrière elle, pour enfin pouvoir se fondre dans la masse, tandis qu'Hélène continuait à subir les brimades de ses camarades de classe. Récit sur le harcèlement à l'école. Beaucoup aimé le ton froid et dur.

- L'oeil du Diable, la main de Dieu (Emmanuel Delporte) : les camps de concentration sont à l'honneur dans cette nouvelle, ainsi que toute leur horreur, et la difficulté d'oublier. Alors reste la vengeance. Récit prenant et horrible parce que basé sur des histoires réelles.

- Une lutte biologique (Julie Limoges) : un orphelinat, la nuit, et un cafard dont on ne sait s'il est réellement insecte ou s'il est une représentation des enfants. Un cafard aux appétits pervers, le cauchemars de tous ces mômes. Et puis l'araignée, peut-être la solution. Un très beau récit, dans le sens très prenant, très bien écrit.

- Quitte ou double (Géraldine Blondel) : Fabrice effectue un petit boulot dans la nouvelle maison où il va emménager avec femmes et enfants. Puis soudain, il se retrouve au milieu d'un jeu de téléréalité organisé par des extraterrestres. Il doit trouver la porte de sortie pour pouvoir oublier et reprendre sa vie. Mais les spectateurs sont là pour le berner ou le guider avec des visions désagréables souvent. Un texte sympa avec une fin glaçante.

- Ô douce enfance (Barbara Cordier) : Lilian est un petit garçon de CM1, solitaire dont les parents sont presque toujours absents, surveillé par des gouvernantes successives. Lilian est aussi fort avancé pour son âge et tout ce qui forme le monde adulte l'obsède, il voudrait tant l'être aussi. J'aime ce genre de récit où l'enfance n'est pas innocente.

- Chez Jeanne (Pénélope Labruyère) : Jeanne tient un restaurant, le seul client ce jour-là est Stephane, une connaissance d'école, un mauvais souvenir. Après lui avoir cédé, Jeanne le tue. Ensuite, il faut se débarasser du corps. Original de glisser des recettes de cuisine, que j'ai lue malgré mon peu de goût pour l'art culinaire et ça m'a plu.

Une bonne anthologie avec des récits variés, plus ou moins violents, et bien écrits. Je suis contente d'y figurer.

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