Gandahar 6 : le prisonnier

La revue s'ouvre sur une présentation de l'artiste qui a illustré la couverture. Une très belle illustration qu'on doit à Claude-Henri Fournerie. Ensuite l'éditorial présente rapidement le thème de ce numéro.

Ensuite vient une longue présentation fouillée et détaillée de la série mythique "le prisonnier" complétée par un  résumé de chaque épisode. Viennent ensuite les huit nouvelles.

- Matricule 46/656 (Alain Rozenbaum) : dans un monde futuriste, le matricule 46/656 est embauché obligé d'une société. Forcé par divers moyens psychologiques et hypnotiques de travailler, il ne rêve que de sortir de ce monde clos situé sur une sorte de planétoïde minuscule. Bien aimé cette histoire où se cache une critique de la société de rendement.

- La photo (Catherine Robert) : mon récit donc. Luc est un jeune garçon de 12 ans qui a perdu sa maman un an plus tôt. Depuis sa vie a changé en mal, il est souvent triste. En attendant son père, il rêve devant une photo trouvée, un paysage idyllique dans lequel il se retrouve bientôt. Et de fait, dans ce monde, tout semble merveilleux, un bonheur permanent entouré d'enfants comme lui. Mais voilà, tous semblent avoir oublié qui ils sont et d'où ils viennent. Luc, lui ne veut pas oublier, il veut retrouver son père. Sauf qu'il ne semble pas y avoir d'issue à son paradis forcé. Un mélange d'enfants perdus et de prisonnier qui j'espère plaira aux lecteurs.

- Je t'y autorise (Bruno Pochesci) : à Bourg-le-bas, Mia ne pense qu'à s'échapper. Dans ce monde aseptisé où chacun semble oublier chaque jour le jour d'avant, Mia conserve des souvenirs jusqu'à six jours. Sa rencontre avec Neil va précipiter son plan d'évasion vers Bourg-le-haut. Une histoire où j'ai d'abord eu du mal à entrer, la faute à l'humour dont je ne suis pas une grande adepte. Mais au fil des pages, l'intrigue m'a happée dans ses lignes et j'en ressors avec une très bonne impression. L'idée qu'on ne comprend qu'à la fin est très originale.

- Hotel California (Ophélie Hervet) : le prisonnier ici semble être dans un hôtel, mais tout lui paraît hostile. Il veut s'échapper, même par le suicide. Une histoire plus courte où la prison est plus psychologique que physique.

- Ronron (Françoise Grenier-Droesch) : 699 est interné dans un hôpital. On le soigne pour son bien paraît-il, il est malade. Mais lui se sent bien, et se sent prisonnier de ces bâtiments ceints aux règles immuables et ternes. Il se sent surveillé par tous les chats qui accompagnent ou pas les malades. Il veut s'évader de ce lieu qu'il sent menaçant. Sympathique histoire dans un espace médical. J'ai beaucoup aimé.

- Dimanche (Philippe Pinel) : numéro 6 se réveille dans une chambre blanche. Tout autour de lui est blanc, à tel point  qu'il ne distingue rien. Pourquoi est-il là ? Et peut-il en sortir ? Histoire intéressante, surtout pour sa chute en fait à laquelle je ne m'attendais pas.

- Superpositions (André Woodcock et Thierry Fernandez) : Factoriel 6 est prisonnier d'un complexe situé sous l'eau. Il ne sait plus très bien qui il était et ne sait pas non plus pourquoi ou comment il est arrivé là. Histoire qui nous propose des créatures non-humaines en guise de protagonistes. Concept sous-jacent original.

- Toni s'enfuit (Loïc Daverat) : Toni est condamné à la déportation vers une planète-prison et ce qu'on raconte des planètes-prison est terrifiant, mais Toni est déterminé à tenter sa chance, malgré tout. Bien aimé ce récit qui explore une idée que j'ai eue il y a longtemps et que je n'ai jamais concrétisée.

J'ai beaucoup aimé ma lecture. Les prisons, qu'elles soient physiques, psychologiques, réelles ou imaginaires, c'est un thème qui m'accrohe et que j'explore assez souvent dans mes récits les plus sombres, je ne pouvais donc qu'adhérer à une telle anthologie.

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