Folie(s) (Artistes fous associés)

- Nuit blanche (Sylvie Chaussée-Hostein) : Martha démarre seule de son chalet de vacances dans les montagnes rejoindre son mari et ses deux enfants, partis plus tôt. Une tempête de neige s'amorce, mais sûre d'elle, elle continue sa route. Bientôt, elle croise un jeune homme en jean et tee-shirt, transi de froid. Logan, d'après ses dire, s'est fait dévalisé son campement. Un peu réticente, elle ne peut pourtant pas le laisser au milieu des éléments déchaînés. Et à la radio, on parle d'une évasion d'un hôpital psychiatrique. Le trajet risque d'être long. Bien aimé cette nouvelle assez classique, en huis-clos dans une voiture. Bémol, j'avais deviné la fin.

- La couleur de la folie (Eric Udéka Noël) : Le patron voit la couleur de la folie, l'aura pourrait-on également nommer cette couleur. Bernar, lui, est son chauffeur depuis des années, totalement dévoué. Grâce à ses dons, le patron parvient à guérir les démences. Les deux hommes voyagent en permanence. Mais cette fois, le patron n'est pas à la recherche d'un fou, mais en route vers son successeur, un petit garçon pris au piège dans un village atteint de démence meurtrière. Idée originale et bien traitée, plaisante à lire de bout en bout.

- Cauchemars (Maniak) : Un homme se réveille dans une chambre inconnue. Des bruits visqueux lui parviennent dont il va chercher l'origine. Dans une salle de bain, il découvre, au fond de la baignoire, une créature rose, une sorte de vers dégueulasse qu'il va laisser là, car les bruits continuent, semblent venir d'en haut. Un cauchemar bien retranscrit avec une chute inattendue.

- Coccinelles (Emilie Querbalec) : Une femme vient d'accoucher et se retrouve un peu perdue devant son nouveau-né. Bientôt, des coccinelles envahissent la chambre, s'attaquent à son fils. Après avoir fait fuir les bestioles, personne ne veut la croire. Petit à petit, la mère s'habitue à l'enfant, mais les coccinelles sont toujours là. Etrange histoire où on ne sait pas vraiment où se situe la folie.

- Le même sang coule dans mes veines (NokomisM) : Une petite fille découvre qu'elle souffre d'une "tare" familiale ancestrale héritée de son père. Ils doivent tuer, ils n'y peuvent rien. Sans être très originale, nouvelle bien écrite.

- Marie-Calice, Missionnire de l'extrême (Nelly Chadour) : Marie-Calice part sauver des âmes dans un festival de musique métal, persuadée que le diable et ses démons se cachent dans ce rassemblement obscène. Sur place, partout, elle voit la manifestation du mal. Il ne faut pas faiblir. Nelly Chadour nous offre une de ses nouvelles pleine d'humour. J'ai bien ri en imaginant la bonne soeur au milieu des métalleux. Texte vif et entraînant.

- La nuit où le sommeil s'en est allé (Cyril Amourette) : Concept dont je raffole. Un jour, sans raison, le sommeil a disparu sur toute la terre. Impossible de s'endormir. Et la lente descente aux enfers commence. Car on ne peut vivre indéfiniment et sainement sans sommeil. Une de mes nouvelles préférées du recueil, le genre de situation surréaliste qui m'accroche toujours.

- Entre-deux (Louise Revoyre) :Difficile à résumer. Un homme qui semble déranger, deux femmes qui ont traversé sa vie, des murs qui ont changé sa vie. Pas trop accroché parce que je n'ai pas vraiment tout compris.

- La convenance de la bête (Leith) : Une catastrophe terrible est annoncée depuis un moment. Des mesures ont été prises par le gouvernement : lorsqu'elle arrivera, tous descendront dans des abris. Pierre y a sa place. Mais voilà, lorsque la sirène retentit, Pierre est bloqué dans les toilettes et n'arrivent pas à en sortir. Pour s'en tirer, il n'a qu'une solution, se souvenir. Apprécié, même si j'ai deviné dès le début vers quoi on se dirigeait.

- C15 (Herr Mad Doktor) : A New York, on a instauré le C15, 15 minutes par mois qui tombent soudainement et où l'on peut faire tout ce que l'on veut. Jonathan est européen et se trouve sur place pour faire un article. Sympa comme idée qui m'a rappelé un film que je n'ai pas vu, mais dont la bande annonce évoquait une nuit par an où l'on peut faire tout ce que l'on veut (et j'ai oublié le titre).

- Jour gras (Southeast Jones) : Des disparitions dans un petit village paumé. André et sa femme Simone qui ont perdu leur fils quelques temps auparavant dans un accident. Un flic qui vient enquêter. J'ai vite compris où on allait, ce qui ne m'a pas empêchée d'apprécier ma lecture.

- Le maître des bélougas (Julie Conseil) : Dans un hôpital psychiatrique, un nouveau vient d'arriver, Niels. Il affirme au narrateur de l'histoire qu'il va repartir vers une autre dimension où il est le roi. Pour ça, il lui faut de l'électricité. Et puis, pourquoi le narrateur ne le rejoindrait-il pas dans son monde. Une histoire qui montre bien certaines folies (ou du moins l'image qu'on peut en avoir). Avec une bonne fin. Bonne lecture.

- La maman de Martin (Morgane Caussarieu) : Martin adore sa maman, il ne vit que pour elle. Celle-ci l'a adopté, mais peine à avoir une vraie relation avec lui. Souvent dépressive, elle passe de l'affection à la colère. Lorsque son mari la quitte, sa dépression s'amplifie et un lien plus fort s'installe entre mère et fils. Jusqu'à ce qu'un nouvel homme entre dans sa vie, un rival pour le gamin. Bonne histoire sur la relation mère-enfant, avec une touche de fantastique pour épicer.

- Europe (Pénélope Labruyère) : Une expédition s'est posée sur le sol d'Europe. Très vite des phénomènes étranges apparaissent, les astronautes ont des visions de créatures étranges qui leur demandent de partir. Mais la mission avant tout. Un récit de science-fiction, c'est cool, ça change et c'est bien écrit, on ne boude pas son plaisir. Dans mes nouvelles préférées de l'anthologie.

- Sanguines (Adam Roy) : Un jour, il y a longtemps, la lune est devenue pourpre et des pluies sanglantes ont commencé. Le phénomène a entraîné la fin des hommes l'un après l'autre. Seules restent des femmes qui ont tenté jusqu'au bout du dernier homme de tomber enceinte. Sans succès. Jusqu'à ce qu'Ava annonce attendre un heureux événement. Ava peut-elle redonner naissance à l'humanité ? Beaucoup aimé aussi ce post-apo. Sur mon podium.

- Transfert (Julien Heylbroeck) : Beaucoup de difficultés à suivre cette histoire, je m'embrouillais trop dans le dialogue. Qui parlait à tel moment ? Les deux protagonistes se ressemblaient trop. Du coup, j'ai eu du mal à apprécier ma lecture. Pourtant cette conversation entre un toubib et un patient est assez vive, mais voilà, je ne suis pas rentré dedans.

- Les soupirs du voyeur (Corvis) : Le protagoniste est un impuissant. Malgré tous les médecins, le diagnostic est clair, jamais il ne bandera. Mais la nuit, depuis peu, il rêve d'ébats très chauds. Il rencontre des tas de femmes différentes, dans des tas de situation. Jusqu'au jour où il se rend compte qu'il partage la tête d'un libertin forcené aux fantasmes nombreux. Parfois le narrateur est honteux de ce qu'ils ont fait la nuit. Mais qui peut-il ? Il n'a pas le pouvoir, et c'est si bon. Aussi dans mon top, même si j'avais un peu deviné la fin.

- Le décalage (Ludovic Klein) : Le quotidien du narrateur qui essaie de se reconstruitre après un enfermement psychiatrique. Sympa, bien écrit, belle description de la psyché du héros, mais il me manque un petit quelque chose pour m'emporter vraiment.

Une anthologie agréable à lire, de bons textes dont certains que j'ai beaucoup aimé. Mais aucun n'est mauvais, tous ont quelque chose qui ne fait pas regretter sa lecture.

 

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