Mais pourquoi ?

Mais pourquoi quoi ? Pourquoi écrire du gore donc ? La question est souvent implicite dans les réflexions, voire dans l'attitude, parfois, elle est posée sans complexe. Comme s'il fallait une raison pour écrire du saignant et pas pour écrire un beau conte gentil où tout le monde est rempli de bons sentiments avec le happy-end attendu. Mais oui, il faut encore s'expliquer sur cette orientation oh combien étrange, si pas indication d'un esprit perturbé.

Ecrire du gore, pour moi, est jouissif, une façon d'exorciser la violence. Cette violence qui m'effraie, et que j'évite avec toutes les astuces possibles. Autant la mienne enfouie si profond qu'elle me semble parfois inexistante, que celle des autres, ceux que je ne connais pas, qui me fait gerber, ceux que je pourrais rencontrer ou que je fréquente et qui m'angoisse.

En donnant naissance à des récits extrêmes, j'ai l'impression de remettre toute cette violence là d'où elle n'aurait jamais dû sortir : la fiction. Car j'écris de la fiction, et là est la différence. Ce que j'invente ne s'est jamais produit et ne se produira jamais, même si on pourra toujours trouver des parallèles avec tel fait divers ou tel autre.

Le trash, c'est aussi amusant, c'est pousser au maximum les bêtises qu'on se lâche parfois entre copains, c'est prendre un recul énorme et raconter n'importe quoi. "N'importe quoi" !? Pas vraiment non plus car j'aime les histoires structurées, logiques dans leur déroulement, qui se tiennent de bout en bout. Alors une intrigue qui n'est pas réelle, mais crédible dans sa trame, voilà ce que j'aime écrire.

Souvent, des personnes de mon entourage me voient comme si j'étais un peu folle. Au mieux. Au pire, on me prend vraiment pour une folle. Ce dont je me fous, j'écris ce que j'aime, et les petites mentalités n'ont qu'à s'y faire.

Depuis qu'il a lu "Péché de chair" dans l'anthologie Ténèbres 2015 chez Dreampress, une connaissance me regarde presque comme une salope, juste à cause de scènes hard en me demandant à chaque fois si j'ai écrit d'autres histoires cochonnes. Bon, il s'agit d'un vieux monsieur, et je pense que ça l'amuse, mais je trouve son attitude symptomatique. Pourquoi faut-il établir un parallèle entre l'écrit et l'être de l'auteur ? Je ne suis pas ce que j'écris, et même si l'opinion des autres m'indiffère, je me dis qu'il faut bien le clamer quelque part. Pour, peut-être faire évoluer les mentalités. Idéaliste et utopique ? Oui, peut-être, mais sait-on jamais.

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