Sèvres 2016

Sèvres ! Ah quel plaisir pour moi d'en parler. Sèvres qui fut ma première expérience d'auteure en dédicace. C'était l'année passée. Un moment inoubliable et inoublié. J'étais donc obligée d'y retourner, plus fort que moi, il fallait que j'y retourne.

Bien sûr, le contexte était différent. Je connaissais déjà, je n'avais pas de nouveauté littéraire à défendre, mais qu'importe, il me tardait de m'y retrouver une nouvelle fois.

Comme pour la précédente édition, pour m'éviter un départ de nuit, et une fatigue à l'arrivée, j'ai démarré la veille, le vendredi matin. J'avais repéré, à peu près, ma route, pointé un hôtel pas trop cher. On verrait bien sur place comment se passerait la fin du voyage.

Aucun souci jusqu'à la sortie « Porte de Saint-Cloud », pas de problème de circulation, météo agréable pour rouler. Tout baignait quoi.

Bien sûr, ça ne pouvait pas durer. Ma mémoire pour la fin du trajet, pas très efficace, m'a fait défaut. Et je me suis retrouvée perdue à la vitesse grand V. Plus qu'à me trouver une place de parking et me garer pour tenter de trouver un plan de ville, qu'on trouve toujours quand on n'en a pas besoin, mais puisque j'en avais besoin, il n'y en avait trace nulle part. Je prolonge ma marche jusqu'à un carrefour, et je vois la rue du Point du jour. Elle me dit quelque chose cette rue, mais sans plus. La poste ayant un bureau sur un coin, j'y entre, c'est qu'ils doivent pouvoir me renseigner à la poste, ce sont eux qui trimballent des millions de lettres par an. Et bien non, ils ne connaissent pas l'hôtel que je cherche.

Motivée, je décide de remonter cette rue qui me dit quelque chose. A son terme, une place, mais toujours pas trace de mon hôtel, et d'aucun autre d'ailleurs.

Autant faire demi-tour, pas envie de marcher encore des mètres et des mètres, pour pas grand chose. Tout en cheminant, je fais bien attention aux divers bâtiments. Si je ne trouve pas l'hôtel sélectionné de chez moi, j'en trouverai bien un autre. Nada, évidemment.

Un point presse. Bon, on va demander, peut-être qu'ils seront plus au courant qu'à la poste. Le bonhomme derrière son comptoir me regarde comme si je venais de Mars, mais consent à me répondre du bout des lèvres qu'il ne sait pas où il y a un hôtel, mais qu'il y en a un en sortant à vingt mètres à droite (oui, c'est contradictoire comme réponse, mais je ne relève pas, au contraire, je remercie).

A peine extirpée du magasin, je regarde dans la direction indiquée, et que vois-je ? Et bien oui, un hôtel devant lequel j'étais donc déjà passée deux fois. Et comble d'ironie, cet hôtel était celui que je cherchais en vain depuis une heure. Je m'étais garée à cinquante mètres et je l'avais donc longé deux fois sans le voir.

Je réserve ma chambre, puis retourne à mon véhicule prendre mes bagages (c'est que je voyage chargée moi, j'ai pas besoin de plus du quart de ce que je transporte, mais j'aime bien). Je déniche un horodateur (cela-dit trop tard, j'avais déjà le joli petit papier vert), insère ma monnaie pour la durée maximum (système de merde qui ne permet que deux heures au mieux), j'attends mon ticket. Bien évidemment pas de ticket. Tant pis, je laisserai le petit papier vert sur le pare-brise.

Soirée tranquille, nuit tranquille, me préparer le matin tranquille, tout se passe tranquille donc. Ah oui, quand même, si j'avais le dentifrice, j'avais oublié ma brosse à dent. C'est pas évident avec les doigts, mais à défaut hein !

Me voilà en route pour les rencontres de l'imaginaire. J'avais échoué à Boulogne-Billancourt, et je craignais de me gourer encore une fois de rues, mais non, nickel. Je trouve même une place de parking pas trop loin, avec un horodateur qui fonctionne et consent à me donner un ticket (pour deux heures bien sûr, et quand j'ai voulu le renouveler, l'horodateur ne voulait plus de ma monnaie, tant pis pour lui, moi j'ai pas insisté).

Je suis là un peu tôt, donc j'ai attendu patiemment que le temps s'écoule en lisant. Et puis, je me suis dirigée vers le SEL. De loin, je repère Julien Heylbroeck, un de mes éditeurs. Cool, parce que moi, je suis stressée, alors un visage que je connais déjà avant même d'entrer, je ne peux pas rêver mieux. Julien discute avec deux personnes qui me tournent le dos. Moi, je focalise sur Julien, tout à mon soulagement de commencer la journée ainsi. J'arrive près du trio, je dis bonjour à Julien, je ne regarde pas ses interlocuteurs, puis, je me remets en marche. C'est là que les-dits interlocuteurs m'interpellent. Gros moment de gêne, je n'avais même pas réalisé que Julien discutait avec Schweinhund, mon deuxième éditeur. Je vous le dis, j'ai vécu un beau moment de solitude. Fallait bien que je démarre ma journée avec une gaffe, ça déstresse pour la suite. Parce que je crois que je pouvais pas faire pire comme maladresse.

Et la journée s'écoule. Pareille et différente à l'année passée. L'émotion est toujours là, je suis toujours mal à l'aise au milieu de tout ce monde, mais au moins, cette fois, on m'a (un peu) entendue causer. J'ai osé m'adresser à des personnes que je ne connaissais pas encore, pour acheter, pour faire dédicacer, pour me présenter même (et ça, quand on me connaît, on sait que c'est un effort digne d'un coureur de marathon). J'ai même sorti les bières de ma camionnette (je rappelle que l'année dernière, je ne l'avais pas fait et étais retournée avec). Non, dans l'ensemble, je m'épaterais presque.

Sauf que les bières, j'en ai bu une première en début d'après-midi, et je me suis laissée tenter par une deuxième en fin de journée. Cette deuxième, euh... bin, c'était une erreur. Elle m'est montée à la tête direct. Et donc, oui, j'étais bourrée. Incapable de repartir le jour même. Qu'à cela ne tienne, ce n'était pas ça qui allait me tracasser. Je me suis aménagé un coin dans ma camionnette, et je me suis endormie jusque quatre heures vingt du matin.

Puis retour à la maison, tranquillement.

Il me faut remercier mes éditeurs, Julien Heylbroeck et Schweinhund. Sèvres c'est grâce à eux, cette expérience formidable, ces rencontres magnifiques, ces moments inoubliables n'existeraient pas pour moi sans eux. Alors merci mes chéris, je vous adore.

Si je ne devais pour toujours ne faire qu'un salon, ce serait Sèvres.

Vivement l'année prochaine.

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