Greta par Zaroff

Une chronique qui me fait très plaisir. Zaroff est un vieux camarade de forums (presque neuf ans qu'on se connaît, même si lui parle de dix années, oui, bon c'est à peu près pareil, je sais), il m'a connue à mes tous débuts, quand je suis arrivée sur le manoir du fantastique. Il a eu droit à mes premiers textes maladroits, puis il a suivi ma progression (parce que oui, j'ai quand même un poil progressé, si, si, je vous assure). Mais si on se connaît plutôt bien, il n'y a aucune complaisance dans ses avis. S'il trouve qu'un de mes récits vaut que dalle, ou est juste un truc moyen, il n'hésite pas et le dit. Son avis compte donc beaucoup pour moi et je l'en remercie.

Zaroff est le créateur de l'écritoire des ombres où je traîne mes guêtres depuis un bout de temps. Il est également l'auteur de deux romans TRASH, "Night stalker" et "Bayou" (ce dernier sorti en même temps que Greta), ainsi que de plusieurs nouvelles publiées. Il anime également un blog en compagnie de Schweinhund (lien donné en fin d'article) où on se régale de leurs divers articles.

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C'est un réel bonheur de chroniquer (enfin) le premier roman de ma copine Catherine. Je la connais depuis dix ans (sur le défunt Manoir du Fantastique) et j'ai suivi sa création littéraire depuis le début, notamment de la poésie. Puis TRASH a trouvé le talent enfoui de cette auteure. Elle a exprimé ses pulsions les plus perverses pour nous écrire un bouquin remarquable et dérangeant. Le lieu est simple et dénué de repères : un désert. On ne sait pas où. Une prison en son sein. Puis une femme, Greta, qui a accepté le statut d'une gardienne, en ayant abandonné son ancienne vie et ses enfants. Son rôle est de martyriser des détenus, de les soumettre à des sévices sexuels. Puis elle craque un jour. Elle devient un matricule comme les autres. De bourreau, elle passe dans le rang des prisonnières.

Les jours tombent dans une routine de tortures innommables, de châtiments corporels. Tout est exprimé avec une rage sourde et on souffre avec Greta. Cette lente déshumanisation fait froid dans le dos. Rien n'est épargné et le souffle lyrique de l'auteure nous emporte dans une valse sauvage et sordide. Ceci nous rappelle la perversité des camps de la mort où l'humain n'est plus qu'une enveloppe vide. On devine aussitôt que les fantômes de Greta l'emporteront vers un destin implacable et fataliste.

C'est un bouquin merveilleux, digne d'un 1984 et sa salle 101. On peut également y voir certains accents d'un Enfer vertical de Brussolo. Cette non-existence rappelle que l'homme peut être un redoutable prédateur envers ses semblables et que cette radicalité engrange des monstres. Et jamais Catherine Robert n'a été aussi proche d'un George Orwell qu'en prouvant que "La liberté, c'est l'esclavage". Soumission-Déni-Acceptation. Les visions freudiennes ectoplasmiques délivrent Greta. C'est la force obscure de ce livre si on sait lire entre les lignes. Catherine, je te tire mon chapeau, car tu m'as ému.

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http://ecritoiredesombres.forumgratuit.org/

http://gorezaroff.over-blog.com/2015/12/greta-catherine-robert.html#ob-comment-ob-comment-86779001

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