Billets de catherinerobert68

Cell

Clayton est à l'aéroport, son portable est déchargé, il n'a plus de monnaie pour le téléphone public alors qu'il veut rappeler son fils Johnny qu'il n'a plus vu depuis un an. Autour de lui, une foule de gens, beaucoup le téléphone à l'oreille. Soudain, le chaos : les personnes alentours, sans prévenir, se transforment en monstres sanguinaires et se jettent sur leurs voisins. La folie semble avoir saisi l'endroit et être reliée aux téléphones. Dans le ciel, un avion explose et tombe sur l'aéroport. Clayton n'a que le temps de descendre dans les sous-sols du métro où il rejoint un groupe de survivants réfugiés dans une rame. Mais sans électricité, pas question de s'en servir. Avec le conducteur, Tom, et un jeune, ils décident de suivre les tunnels pour sortir. Après avoir perdu leur compagnon tué par un fou furieux, Clayton parvient chez lui avec Tom, et ils sont rejoint par Alice, une voisine qui vient de tuer sa mère. Tous les trois partiront sur les routes pour tenter de rejoindre Johnny. Et tandis qu'ils progressent, les téléphoneurs, comme le petit groupe les appellent, montrent des signes de cohésion. Tout semble indiquer que le but du voyage se situe à Kashwak.

Adapté du roman Cellulaire de Stephen King, le film se regarde agréablement, les acteurs sont convaincants et les "zombies" ont un poil d'originalité. Je pense avoir plus apprécié le film que le livre qui m'avait laissé un sentiment mitigé, un bon début, une idée du tonnerre, et puis l'histoire s'enlisait avec l'impression que l'auteur ne savait plus trop quoi faire de son récit pour terminer sur une fin pas trop mal mais convenue. Dans le long métrage, on avance plus vite et on ne souffre donc pas de l'essoufflement ressenti dans l'oeuvre d'origine. Autre différence avec le livre, le contexte paraît plus proche de nous temporellement. King situait son histoire aux débuts des années 2000, avec l'émergence des téléphones portables et débutait dans la rue. Le film paraît être plutôt années 2010 et les technologies modernes y sont présentes partout. L'aéroport montre un monde hyper connecté de toutes les façons actuelles. Une bonne idée des scénaristes. Cette première partie est d'ailleurs excellente. Bref, un bon moment.

Meet the Blacks

Meet the Blacks est une parodie de films d'horreur, surtout de La purge. On y suit la famille Black qui vient de s'installer à Beverly Hills. Le père pense que là, chez les riches, ils sont à l'abri de la purge annuelle. Mais ce n'est pas aussi simple et lorsque la nuit fatidique commence, Carl va se rendre compte qu'ils ne sont pas à l'abri, loin de là. Tout le monde veut les tuer, à commencer par le petit d'Amy, la fille de la famille, mais aussi des anciennes connaissances, sans parler du voisinage qui ne veut pas d'eux. Les Black vont avoir fort à faire pour se débarasser de tous les intrus dans la maison.

Pas trop fan des films parodiques, quand je tombe sur un, en général, j'apprécie quand même le moment. Ca ne casse rien, mais ça me fait rire un peu. N'est-ce pas l'essentiel.

Patrouilles (Jean Mazarin)

Zacharie fait partie de la patrouille. La patrouille, dans un monde futuriste, surveille et protège Paris dont les rues ne sont plus sûres. Le vieux patrouilleur se voit adjoindre une nouvelle recrue, Joëlle, jeune femme au visage déformé par un accident, et les deux équipiers sont chargés d'enquêter sur des rumeurs concernant La ronde, une course automobile annuelle. Clootaire, le frère de Zach peut les renseigner, mais ce membre d'un des clans, acceptera-t-il de les aider. Rien n'est moins sûr dans ce monde où tout n'est plus que faux-semblant et magouilles.

Une dystopie avec une société pervertie, totalitaire, et scindée entre riches et pauvres, pouvoirs et malfrats. Agréable à lire avec des personnages assez attachants. Peut-être manque-t-il de gras dans ce bouquin, plein de questions restent en suspens. Mais une bonne lecture pour ce roman paru dans la collection Anticipation du Fleuve Noir.

Des nouvelles (ou pas)

Longtemps que je n'ai plus publié des petites news. Depuis octobre pourtant, j'ai connu quelques publications. Alors un petit rappel n'est jamais mauvaise chose :

- De vers et d'os, dans l'anthologie Naissance des deux crânes, aux éditions Les deux crânes

- Le puits, dans la revue La piscine 1 sur le thème des lieux abandonnés

- Il t'attend dans l'entrée, dans le fanzine Violence 2

- Neige rouge, dans l'anthologie Hiver, aux éditions secrètes

- Fumée de souvenirs, dans la revue Rrose Sélavy 2

- Eux contre nous, dans le fanzine Violence 3

- Vous reprendrez bien un peu de tête, dans l'anthologie Malpertuis VIII, aux éditions Malpertuis

- Un cinqku, mis à l'honneur en couverture, dans la revue Rivalités consacrée pour ce numéro aux cinqkus

A côté de cela, plusieurs refus bien sûr et une petite pause dans l'écriture, même si j'ai quand même sorti de mon petit cerveau quelques nouvelles. D'autres sont encore en soumission (croisons les doigts).

Moins de lecture aussi, et moins de films visionnés. A croire qu'il me faut un break. A croire que j'ai moins de temps. Ce qui est le cas. Je vais donc moins poster de billets durant ces vacances et me consacrer à un projet particulier qui va me prendre des heures, sans parler du boulot qui doit continuer. Cela-dit, je ne me mets pas complètement en veille, je posterai des chroniques de temps en temps.

Nuit noire (Christophe Siébert)

Nuit noire, onzième volume des Editions TRASH. Il s'agit d'un des tomes les plus sorides et malsain. Voici la critique que j'en avais faite il y a déjà un petit temps maintenant ::

Nuit noire est un récit qui vous happe dès la première page et ne vous lâche plus. Pas de phase de démarrage, pas de mise en route, dès le départ, on est plongé dans la psyché d'un malade et on le suit dans ses délires de plus en plus sauvages. Aucune plage de repos dans ce livre, pas une once d'humour, seul nous est offert le brutal, le sanglant, le dérangé, mot après mot, phrase après phrase, paragraphe après paragraphe, page après page, chapitre après chapitre et on est hypnotisé et on lit. Alors on se forge une armure, on repousse l'horreur pour continuer.
C'est un livre dur qu'on est content d'avoir lu et content d'avoir fini.

Cimetière des chats (Alain Venisse)

Pluton gambade gaiement dans le vieux cimetière, se lance à la poursuite d'un lézard, et tombe dans une crevasse. Plus de peur que de mal puisqu'il réapparaît peu de temps après comme si de rien n'était. Mais les apparences sont trompeuses, le jeune chat semble maintenant intérieurement différent, et cette différence s'étend aux autres félins de la ville. Les gentils animaux de compagnie paraissent soudain plus agressifs, attaquent leur maître. Jérémie le jeune propriétaire de Pluton, nouveau-venu dans ce village retiré qui survit grâce à la Sanichim (usine qui traite les déchêts dangereux) va bientôt découvrir que les choses ont changé, et que son adorable bestiole n'est peut-être pas le plus grand danger dans le coin.

Pas désagréable, mais assez convenu. Ce roman paru au Fleuve noir dans la collection Frayeur manque d'audace et de surprise. A l'exception de la cause des modifications chez les chats (une cause qui me semble dénoter avec le reste en plus), tout se suit sans surprise. Les personnages principaux, bien que sympathiques, n'arrivent pas vraiment à nous agripper, surtout qu'on sent vite que leur sort ne craint rien. Difficile à expliquer, mais c'est un truc que j'ai ressenti très vite. Et de fait, il ne leur arrive rien de bien moche. Au fond, ils assistent aux événements plus qu'ils n'y participent. Reste qu'il y a bien des morts, assez variées, ce qui sauve l'ensemble.

Freddy vs Jason

Chronologiquement, ce film prend place après le septième Freddy et le neuvième Jason. Freddy ne peut plus sévir, à Springwood, la population a compris comment l'en empêcher. Mais Freddy n'est pas rassasié, et pour pouvoir revenir, il va trouver puis manipuler Jason. Après l'avoir envoyé sur Elm street tuer la jeunesse locale pour réveiller la terreur et lui permettre de revenir lui-même, Freddy s'aperçoit qu'il ne contrôle plus Jason et va tout faire pour s'en débarasser, tandis que quelques jeunes vont eux tenter de survivre face aux deux menaces.

Le point sympa, c'est de revoir Freddy, j'avoue que j'ai un gros faible pour ce monstre de fiction, sans doute mon préféré. Le scénario n'est pas trop mal foutu, même s'il y a des facilités, des passages un peu mièvres, ou des incohérences par rapport à la saga des griffes de la nuit (probablement par rapport aux Vendredi 13 aussi, mais je connais beaucoup moins). Les acteurs sont corrects, les effets spéciaux moyens, et le rythme valable. Au bout du compte, ça se regarde.

Frankenstein's army

Russie, seconde guerre mondiale, front de l'est, soldats en mission de secours, créatures mortelles, petit-fils de Frankenstein,

Evil dead

David, Nathalie, Olivia, et Eric se sont installés dans une cabane perdue dans les bois pour aider Mia, la soeur d'Eric, à décrocher. Dans la cave, ils découvrent un manuscrit que David s'empresse d'étudier tout en prononçant les incantations qu'il renferme. Mal lui en prend, il  libère ainsi  un démon. Mia qui a du mal à gérer le manque se soustrait à la surveillance de ses amis et s'enfuit en voiture, avant d'avoir un accident après une hallucination. Agressée par quelque chose, elle est récupérée hagarde par le petit groupe. Bientôt, possédée par le démon, elle s'attaque à ses camarades qui finissent par l'enfermer dans la cave. Malgré cela, le problème persiste et petit à petit, chacun se retrouve possédé. Mais Eric ne veut pas abandonner sa soeur, même si celle-ci semble perdue.

Se regarde sans problème, mais n'a pas du tout le charme du film original. Les acteurs sont convaincants, mais il manque le petit quelque chose dans l'ambiance pour passer le film dans la catégorie supérieure, celle des films inoubliables.

The day of the dead

Sarah, militaire de la garde nationale, est en mission non loin de son village qui est mis en quarantaine. Sans savoir les raisons de cette mesure, elle en profite pour aller rendre visite à sa famille, mais découvre sa mère malade. A l'hôpital, même chose, nombre de ses concitoyens sont également atteints. Bientôt, tous se transforment en zombies affamés. Sarah, son frère, la petite amie de celui-ci et quelques autres auront fort à faire pour tenir le coup face à la menace.

Présenté comme le remake de Day of the dead, le scénario en est pourtant totalement différent. Sans grand originalité, il offre une enième version de l'invasion zombie sans parvenir à décoller, mais se regarde néanmoins sans déplaisir.

Exit humanity

En 1870, durant la guerre civile aux Etats-Unis, bientôt une autre menace que les habituels combats entre les deux camps apparaît. Les morts se relèvent et sont avides de chair humaine. Edward Young, un soldat, rentré chez lui, perd sa femme et son fils. Après les avoir retrouvés alors qu'ils sont devenus zombies, il les tue, puis se met à errer, dévasté. Jusqu'au jour où il rencontre Isaac, un rescapé, qui lui demande son aide pour sauver sa soeur prisonnière d'un groupe de militaires. Les zombies ne sont pas la seule menace, la folie des hommes est aussi dangereuse.

Film médiocre sans originalité, mais cette impression vient grandement d'un doublage très mauvais. Pas grand chose à en dire de plus.

La statue de chair (Jean Rollin)

Numéro sept de la collection Les anges du bizarre, on y découvre l'histoire de Francis, veuf depuis peu, incapable de se remettre du décès de son épouse Isabelle. Il lui a aménagé, dans les sous-sols de son chateau, un cercueil de verre. Toutes les nuits, il la rejoint et se couche sur elle, mais ça ne lui suffit pas. Alors, il est prêt à tout pour retrouver son épouse, même à croire la petite sorcière celte Tùathà.

J'ai découvert cette courte collection (dix volumes) avec Enfer privé du même Jean Rollin, beaucoup apprécié. La ligne éditoriale (l'inhabituel, les inouïs, les sulfureux, les inclassables... Des romans noirs, des histoires fantastiques ou d'épouvante, des textes érotiques, littéraires ou populaires) me parlant, je ne voulais pas en rester à cette première lecture. Pour ma deuxième expérience, je suis repartie sur le même auteur. Un peu moins aimé que le premier que j'avais trouvé plus dérangeant. Ici, j'ai trouvé que les choses étaient plus effleurées, pas complètement exploitées, que l'auteur aurait pu aller plus loin dans la noirceur. Les personnages m'ont aussi paru un peu caricaturaux. Au-delà de ça, j'ai néanmoins apprécié ma lecture.

Prométheus

Première prequelle de la quadrilogie des Alien, réalisée par Ridley Scott (à l'oeuvre sur le premier long métrage), le film raconte l'expédition d'une équipe venue à bord du Prometheus sur la planète LV-223. C'est là que se situerait, d'après Elisabeth Shaw et Charlie Holloway, l'origine de l'humanité. David, androïde surveillant le vaisseau durant le voyage, réveille les passagers à l'approche de la planète sur laquelle ils se posent bientôt. Dirigés par Elisabeth et Charlie à la recherche de traces des ingénieurs supposés créateurs de l'espèce humaine, une partie de l'équipage explore un immense dôme où ils découvrent une créature humanoïde décapitée. Une tempête les oblige à retourner au vaisseau tandis que d'un côté, Elisabeth emporte la tête de l'extra-terrestre, de l'autre, David, en cachette, une urne remplie de liquide noir, et d'un troisième deux membres de l'équipage se retrouvent piégés à l'intérieur du dôme. Tout est en place pour que tout tourne au drame.

Fan des Alien de la première époque, j'étais contente de voir un nouvel opus venir enrichir la franchise. Je n'en sors pas forcément déçue, mais pas non plus transportée. Le film est divertissant, mais ne possède pas la force d'antan. Un flm d'action avec une réflexion pseudo-métaphysique sur la création, et des acteurs pas mauvais mais pas transcendants non plus, à l'exception peut-être de celui qui a endossé le rôle de David. Bref, sympa à regarder une fois.

Alien Vs Predator : Requiem

Dans cette suite d'Alien Vs Predator, le vaisseau qui transporte le corps du predator mort dans le précédent opus livre passage par son torse éclaté à un alien. Surpris l'équipage est décimé et le vaisseau part en déroute pour s'écraser dans une forêt américaine. L'alien, mais aussi des pré-alien s'échappent dans la nature pour s'attaquer aussi vite un chasseur et son fils qu'ils contaminent. Alors que sur une autre planète, un predator se met en route pour traquer ses ennemis, tandis que dans la petite ville, l'horreur se déchaîne bientôt sur les habitants qui tentent de survivre à l'invasion.

Moins efficace que le premier dérivé des deux séries mythiques, moins original, classique film de science-fiction invasive, ce film se regarde sympathiquement, n'est pas trop mal joué, mais n'est pas inoubliable.

Le miroir du damné (Frédéric Lyvins - J.B. Leblanc)

Une lecture numérique de ce roman paru chez Séma Editions alors que je suis réfractaire au numérique, comme quoi tout arrive. Dans le petit village isolé de Tarsac, le meurtre du jeune Fabiani amène sur les lieux le lieutenant Courtas. Peu aidé par les villageois ou le chef de la police municipale, l'inspecteur soupçonne vite qu'on lui cache des choses, mais quoi ? Son enquête piétinne tandis que d'autres morts étranges surviennent. Toute l'affaire paraît étrange et aucune pièce du puzzle ne semble vouloir s'embôiter avec une autre. Kalvyn Brimac, lui, est revenu au pays pour enterrer son père, mort d'une crise cardiaque lui a-t-on dit, mais est-ce aussi simple ? Le jeune agent immobilier cherche à comprendre, à se pardonner aussi sa longue absence, l'abandon de son père enfermé dans sa tristesse depuis la mort de sa femme et de son fils cadet. Et si tout avait un rapport avec le réducteur, ce natif insoupçonnable qui douze ans plus tôt s'était mis à massacrer des enfants ? Les habitants craignent cette hypothèse. Et dans l'ombre, un miroir particulier pèse sur le village.

Une lecture très plaisante. J'ai apprécié l'histoire sous forme d'enquête. Je n'aime pas les intrigues policières, sauf si elles se couplent à du fantastique bien présent, et c'est le cas ici. Ce récit de village hanté/possédé par une entité maléfique est entraînant, captivant même. Les personnages principaux sont bien fouillés, avec du corps, et même les personnages secondaires possèdent une chair suffisante que pour les rendre intéressants. J'ai retrouvé dans ce roman une ambiance qui m'a fait penser à B. R. Bruss (enfin, je n'en ai pas lu beaucoup, mais de ceux dont je me rappelle, les thèmes sont plutôt proches : intrigue policière fantastique, village reculé et refermé sur lui-même, personnages presque impuissants, vision assez sombre du pouvoir des hommes contre le mal, même la fin me fait un peu songer à Steiner). Cette histoire fleure bon les mythiques Angoisse. Quelques bémols légers (si, si, il faut en trouver, autrement c'est pas drôle). J'ai remarqué plusieurs coquilles/fautes au long de ma lecture, et j'ai été un peu déçue par les personnages de Brimac et de Susan, sa petite amie. Je pensais que leur rôle serait plus important vu la place qu'ils prenaient. Rien de bien grave, et surtout rien qui ne m'ait gâché ma lecture. Donc, résultat positif sans aucun doute.

Cannibal holocaust

Le film commence par un reportage sur une équipe de quatre journalistes partis dans l'enfer vert amazonien à la rencontre des dernières tribus cannibales. Deux mois plus tard, le quatuor a disparu sans plus de nouvelles. Le professeur Monroe accepte de partir à leur recherche. Accompagné de deux guides et d'un otage Yacumo, il s'enfonce dans la jungle, puis assiste impuissant au viol et au meurtre d'une femme adultère par son mari qu'ils suivent pour trouver le village. Sur place, ils relâchent leur otage et finissent par amadouer la peuplade qui accepte de les conduire à la lisière du territoire des Yamamomos, tribu cannibale encore plus féroce qu'ils ne le sont eux-mêmes. Après avoir une nouvelle fois amadouer les nouveaux indigènes, ils finissent par récupérer les bobines des reporters décédés.

Rentré au pays, Monroe visionne les pellicules afin de s'en faire un avis avant de donner son aval sur leur diffusion. Les films l'un après l'autre retrace scène atroce après scène atroce : mort d'une tortue dépecée puis mangée, viol d'une yamamomo, incendie du village Yacumo, fausse couche, dépeçage des reporters, viol de l'élément féminin de l'équipe, les journalistes n'ayant rien à envier aux "sauvages".

Ce film sorti en 1980, dont j'ai beaucoup entendu parler, j'ai enfin pu le voir. Et, effectivement, il fait son effet. Le parti-pris d'une structure à mi-chemin entre la fiction et le (faux) reportage accentue le malaise en apportant un réalisme rarement atteint dans les films du genre. Il s'agit donc d'un récit choquant, aussi bien dans le visuel que dans le propos, auquel on pourrait reprocher une violence purement gratuite. Mais en même temps, on y sent malgré tout un propos sous-jacent contre le journalisme de sensation aux reportages de choc pour atiser le côté voyeur et malsain du spectateur. Sachant plus ou moins dans quoi je mettais les pieds, je n'ai pas été déçue, j'en ai eu pour mon argent comme on dit. Mais ce n'est clairement pas un film à montrer à tout le monde.

Lavinia (Anne Duguël)

Lavinia est le nom d'un chien, celui de Lord Henry. Lord Henry qui monte dans un train en compagnie d'autres privilégiés, un éclésiastique, une vieille riche, un vieux général, une veuve aisée et meurtrière, une mère folle d'avoir perdu son enfant. Ils montent dans un wagon première classe, tout confort, en route vers on ne sait où, tandis que dans d'autres compartiments, à bestiaux, est enfourné les malheureux d'une rafle. De son côté, Tatoo a réussi à échapper à Big Butcher, le despote qui règne en maître sur le pays, celui qui l'aime à tel point qu'il l'a fait non seulement épiler définitivement de tout poil ou chevelure, mais l'a aussi marquée de son image.

Dans ce court roman paru dans la collection Frayeur au Fleuve noir, Anne Duguël brosse le portrait d'une société futuriste où pour survivre la société a imposé de nouvelles règles, mais comme dans tout système, celles-ci avantagent une élite, et le peuple subit et souffre. Un roman sombre et pessimiste où l'espoir n'a pas sa place. Très prenant, on est pris dans l'histoire, on s'attache au personnage de Tatoo, on voudrait qu'elle s'en sorte. Mais dans ce genre, est-il possible que quelqu'un s'en tire ? Ce récit m'a rappelé d'autres dystopies célèbres avec son ton sombre et inéluctable.

Quelques cinqkus, dans Rivalités : Cinqku

Il y a quelques semaines, sur mon fil d'actualités Facebook, j'ai découvert un appel à textes pour la revue Rivalités, une revue dédiée aux formes poétiques d'origine japonaise. Pour ce nouvel opus, elle demandait des cinqkus, courts poèmes se rapprochant du haïku, sur dix-sept pieds comme lui, mais sur cinq lignes de longueur variable mais fixée. Trouvant intéressant de m'y essayer, je me suis inscrite dans le groupe demandé sur le réseau social bien connu, et j'ai tenté ma chance. Vu la brièvetéde l'exercice, pourquoi pas, ça ne me demandait que très peu de temps pour composer, et qui sait, avec un peu de chance, j'en placerais l'un ou l'autre.

J'ai ainsi écrit au cours des derniers mois, une trentaine de cinqkus. Et lorsque les résultats sont tombés, j'ai eu la surprise d'apprendre que j'étais dans les sélectionnés pour la revue. Ce qui était bien sûr un grand plaisir. Mais ce plaisir fut décuplé en découvrant qu'en plus, une de mes petites créations avait été choisie pour figurer sur la couverture. Et ça; bin, c'était un truc auquel je n'aurais jamais rêvé. Déjà parce que je ne savais pas qu'un cinqku illustrerait la couverture, et puis même si je l'avais su, jamais je n'aurais pu imaginer que cet honneur me reviendrait.

Et comme la couverture est visible sur le site, voici donc cette mise en avant :

Soleil

Du matin

Sur les carreaux

Oublier les jours froids

Un temps

Si les livraisons de la revue sont annoncées pour un début à partir du 5 juin, on peut déjà précommander sur : http://rivalites.com/produit/cinqku/

Hammour (Bruno Pochesci)

Elyah et Hugo s'haimment d'hammour, mais la guerre contre les Vall's les sépare en les incorporant à des tâches différentes, lui chez les Thartarots, régiment où l'espérance de vie avoisine les trois semaines, elle chez les Maharis, groupe d'espionnes payant de leur personne pour obtenir des renseignements. Par hammour, ils se jurent de maintenir et de s'en sortir. Mais est-il possible de tenir bon face à la bêtise humaine, à l'horreur, à la mort, à la violence ?

Quel roman étonnant. Est-ce que j'ai aimé ? Et bien, oui. Et pourtant, c'était loin d'être gagné. J'étais vraiment pas la cliente idéale. Le côté déjanté (mais est-ce le bon mot) de l'écriture m'a un poil rebuté au départ, et j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'univers de l'auteur. Mais force est de reconnaître qu'au fil des pages, on ne peut qu'y pénétrer dans cet univers. Non seulement y pénétrer mais aussi adhérer à son monde un peu fou tout autant qu'horrible. Car ce roman alterne les scènes amusantes, émouvantes, dures, voire même un brin dérangeantes. Le niveau d'écriture est élevé, mais surtout extrêmement maîtrisé, car il faut une sacrée maîtrise pour gérer cette façon d'écrire. Bruno joue avec la langue, les langues, avec une réelle maestria. Et c'est cette écriture inhabituelle qui si elle m'a gênée pendant peut-être un quart du bouquin a aussi fini par m'attraper dans ses filets. L'auteur profite aussi de sa science-fiction pour tacler certains aspects négatifs de notre société, cela sans avoir l'air d'y toucher. J'aime bien.

Au final, je dirais que ce livre est étonnant, un chouïa rébarbatif dans son accroche, mais fascinant et addictif, on s'attache aux personnages, et on les suit jusqu'au bout, vivant avec eux dans ce monde étrange, espérant et souffrant en leur compagnie. Et puis la fin, je m'étais imaginée autre chose, mais à y réfléchir (ou sans réfléchir même), j'aime autant la fin choisie par l'auteur.

Vous reprendrez bien un peu de tête, dans Malpertuis VIII

Malpertuis. Malpertuis est une antho annuelle dans laquelle je rêvais de placer un texte. Troisième année que je m'y essaie. J'ai envoyé plusieurs nouvelles à chaque fois. A chaque fois refusées. Mais pas question de résignation, à force, ça devait bien payer un jour. Et de fait, j'ai enfin réussi. Pour cet opus, j'avais soumissionné deux textes, et l'un des deux a été pris par Thomas Bauduret. Lorsque j'ai reçu son mail m'annonçant qu'il acceptait mon récit, du mal à y croire, et un tout grand plaisir. C'est que je m'attendais à un non moi. Et quand on attend un non (mais qu'on l'attend vraiment), un oui, ça vous transporte.

Donc ma nouvelle qui s'intitule "Vous reprendrez bien un peu de tête" paraîtra dans Malpertuis VIII. Il s'agit d'une histoire de sacrifice. Qui doit-on sacrifier quand on n'a plus le choix : soi-même ou la personne qu'on aime. Ce sont les deux seules options qui s'offrent à Adrien.

Je me réjouis d'avance de tenir ce bouquin entre mes mains (oui comme d'hab).